Habitat

Habite les forêts mélangées et résineuses très structurées avec des bois tendres et une strate herbacée et arbustive bien développée. La nourriture et le degré de couverture sont les facteurs déterminants. Les forêts résineuses sont colonisées si au moins 10 à 15 % de feuillus sont mélangés (pour l'offre de nourriture).

La couverture doit persister après la chute des feuilles en hiver (p. ex. épicéas ou sapins avec branches basses). Évite les peuplements d'aulnes verts, les forêts de production à une strate et les peuplements denses et homogènes sans trouées. La forêt buissonnante n'est colonisée que si elle présente une couverture importante et des essences de bois tendres. Les pâturages fortement embroussaillés, en limite de forêt, sont volontiers utilisés. Si l'offre en nourriture n'est pas disponible été comme hiver sur un petit espace, les gélinottes se déplacent entre les zones d'été et d'hiver (max. 1 km).

Exigences en surface

Rayon d'action d'un couple de gélinotte: 30–80 ha. Dans les habitats favorables, on rencontre jusqu'à 8 couples / km2. Il faut des peuplements richement couverts pour permettre un passage discret entre les surfaces favorables.

Nourriture

Presque exclusivement végétarienne. Durant le semestre estival, la nourriture est principalement constituée de fruits (sureau, mûres, framboises, myrtilles, alises, sorbes et samares d'érables) ainsi que de graines d'herbes et de laîches; durant le semestre hivernal: fruits et bourgeons de sorbier des oiseleurs et d'alisier blanc, ainsi que chatons de noisetier, de bouleau et d'aulne, et si accessibles, rameaux de myrtilles. Durant les premières semaines, les jeunes se nourrissent principalement d'insectes et d'araignées.

Comportement

En raison de ses besoins très marqués en couvert et de son camouflage, on ne la remarque le plus souvent que lorsqu'elle est effarouchée et qu'elle s'envole. Elle peut passer la nuit dans des igloos, en cas de neige. Les jeunes gélinottes colonisent des emplacements distants d'un à deux km de leur lieu de naissance.

Menaces

    • Recul des grandes surfaces de jeunes forêts dotées d'une strate arbustive et arborée riche en espèces.
    • Abandon du régime du taillis et du taillis sous futaie.
    • Diminution des plantes nourricières par modification de la gestion. Élimination de plantes avec des baies et des chatons au profit d'essences économiquement plus intéressantes.
    • Ombrage des plantes nourricières exigeantes en lumière suite à l'augmentation des volumes de bois sur pied.
    • Perte d'habitat suite au rétrécissement des zones de transition entre la forêt et le pâturage (cantonnement forêt-pâturage).

    Promotion

    La gélinotte des bois est l'une des espèces dont les exigences ne peuvent être suffisamment couvertes avec la seule sylviculture proche de la nature. En complément aux instruments usuels de la protection de la nature, la gélinotte des bois a besoin d'un programme d'encouragement spécifique. La planification et l'exécution de mesures d'encouragement pour la gélinotte des bois doivent englober plusieurs kilomètres carrés:

    • Veiller à la présence permanente des stades de jeunes forêts (< 30 ans).
    • Délimiter de larges zones de transition entre la forêt et le pâturage, laissées expressément au stade de l'embroussaillement.
    • Régime de la futaie: lors des soins aux fourrés et jeunes forêts, protéger les plantes nourricières, à savoir des ligneux avec baies (sorbier des oiseleurs et alisier blanc, aubépine et églantier) ainsi que des essences pionnières (trembles, saules, bouleaux, aulnes, noisetiers).
    • Dans les forêts avec un important volume de bois: favoriser les espèces exigeantes en lumière (diminution du volume).
    • Agrandir les surfaces de régénération à au moins 1 ha.
    • Favoriser la régénération naturelle.
    • Pas de travaux forestiers durant la période de nidification et d'élevage (avril–mi-juillet).
    • Agriculture: tolérer temporairement l'embroussaillement (pâturages jurassiens) et la progression des arbustes de la lisière (pas de la forêt!).

    Dans les zones de forêts feuillues et mixtes du Jura et des Préalpes, il faut mettre l'accent sur les jeunes stades de la forêt. Dans les zones de forêts résineuses des étages supérieurs, on peut aussi améliorer la situation de l'habitat par des interventions sur de petites surfaces

    Répartition en Suisse

    À l'ouest d'Olten (SO) dans le Jura, ainsi que dans les Préalpes du nord et du sud. Absent du nord-est de la Suisse. Répartition altitudinale montagnarde à subalpine principalement entre 1000 et 1600 m.

    Principales caractéristiques: Brun, brunâtre et tacheté de blanc, queue avec bande noire terminale (en vol!): coq avec la gorge noire. Coiffe relevée en cas d'excitation. Oiseau bien adapté à la végétation et au sol forestier par son camouflage; voix haut perchée et sifflante. Pattes partiellement emplumées. Appartient aux tétraonidés, comme le grand tétras, le tétraslyre et le lagopède alpin.

    Taille et poids: 40 cm, 300–500 g

    Espèces semblables: Bécasse des bois: bec beaucoup plus long. Femelle de tétras lyre, grand tétras et lagopède alpin: en vol pas de bandes noires sur la queue. Grand tétras et tétras lyre en outre plus gros. Lagopède alpin avec les ailes blanches.

    Nidification: Sol

    Ponte: 1 ponte de 7–11 oeufs

    Incubation: 25 jours

    Séjour au nid: 14 jours

    Comportement migrateur: Sédentaire

    Population en Suisse: 7'500–9'000 couples

    Tendance: À l'origine aussi dans les forêts de plaine. Recul à long terme des effectifs et perte de l'aire de répartition sur le Plateau et dans le Jura.

    Liste rouge suisse: Vulnérable