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Auteur(s): Simon Egli, Fredi Lüthin
Rédaction: WSL, Suisse
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Cueillir les champignons ne leur nuit pas

Dans la majorité des cantons, le ramassage de champignons est interdit à certains moments. Une étude à long terme de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paygage (WSL) montre désormais que la cueillette n’influe ni sur le nombre de champignons ni sur la diversité des espèces.  Les interdictions de cueillette n’ont donc aucun effet direct. Si l’on tient à protéger les champignons, d’autres mesures sont nécessaires – par exemple la réduction des dépôts azotés.

Steinpilz
Figure 1 - Cèpe (Boletus edulis)
Photo: Thomas Reich (WSL)

Dans la majorité des cantons suisses, la cueillette des champignons est régie par différentes dispositions. Dans la plupart des endroits, il est ainsi interdit de ramasser plus de deux kilos de champignons. Des périodes sont de plus définies où la cueillette est prohibée. Ces restrictions sont parfois mal vécues – d’autant plus que jusqu’à présent, aucune "preuve" ne confirmait leur utilité.

C’est pour cette raison qu’en 1975, l’Institut de recherches WSL a lancé une recherche à long terme. Dans les deux réserves mycologiques fribourgeoises de La Chanéaz et de Moosboden, les scientifiques du WSL ont étudié quelles sont les réactions de la flore fongique à différentes influences environnementales ainsi que les conséquences à long terme de la cueillette sur le nombre et la diversité des espèces de champignons. Des études ont visé à déterminer si cueillir les champignons sans coupe préalable ou les couper avec un couteau revenait au même. Les scientifiques ont également recherché si le piétinement, indissociable de la cueillette, de sols forestiers non récoltés nuisait aux champignons.

Le nombre de champignons est resté inchangé

Le résultat est étonnant: bien que les chercheurs aient systématiquement cueilli tous les champignons sur les placettes d’essai, leur nombre sur les surfaces récoltées est, pendant les 30 années qu’a duré la recherche, resté identique à celui de surfaces comparables non récoltées. Aucune différence n’est non plus apparue en ce qui concerne la diversité des espèces. La méthode de cueillette (cueillette directe ou coupe) n’avait pas non plus d’influence sur la quantité de champignons et la diversité des espèces.

En revanche, les contraintes soumises au sol par la cueillette n’ont pas été sans effet: sur les surfaces piétinées, l’on a dénombré un quart de fructifications en moins que sur les surfaces non récoltées. Cet effet n’a toutefois été visible qu’à court terme: dès que le piétinement cesse, les champignons repoussent en aussi grand nombre qu’auparavant; aucun effet négatif à long terme ne semble être induit. Pour résumer: les champignons subissent beaucoup plus l’influence d’autres facteurs, par exemple l’augmentation des dépôts azotés, ou des modifications du milieu naturel. Les conditions météorologiques décident avant tout s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise année pour les champignons.

Les résultats de ces recherches vont sans aucun doute raviver la discussion sur les mesures pour la protection des champignons. Il ne faut alors pas oublier que les champignons remplissent des fonctions déterminantes dans la nature (voir l’encadré). Il est par conséquent indubitable que l’on doit veiller à la protection des champignons forestiers.

Des champignons dépend la survie de la forêt

Quiconque aperçoit un cèpe de Bordeaux dans la forêt, ne voit que la pointe de l’iceberg. La partie la plus importante, à savoir le mycélium du champignon (un entrelacement similaire à de la ouate), vit, caché à nos yeux, dans le sol. C’est seulement en présence de conditions favorables que des fructifications émergent du mycélium fongique.

En Suisse, l’on a dénombré environ 5000 champignons supérieurs jusqu’à présent, dont à peu près 500 espèces comestibles. Les champignons sont des organismes importants de la forêt car ils décomposent la litière brute et le bois et réintroduisent leurs composants dans le cycle nutritif. De nombreuses espèces de champignons vivent de plus en symbiose avec les arbres forestiers, y compris les espèces appréciées comme les cèpes de Bordeaux, chanterelles et truffes. Elles améliorent l’approvisionnement nutritif des arbres et augmentent leur résistance face au stress environnemental. Si les champignons venaient à disparaître, les conséquences seraient lourdes pour la santé de nos forêts.

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