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Thomas Wohlgemuth

Forschungsanstalt WSL

Institut fédéral de recherches WSL
Écologie des perturbations
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Article(s)

Auteur(s): Reinhard Lässig
Rédaction: WSL, Suisse
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Dix ans après l’incendie de Loèche, la forêt pionnière s’épanouit mais la forêt de protection se fera attendre

Dix ans après l’incendie de forêt de Loèche (VS), les flancs calcinés de la montagne ont retrouvé un aspect bien plus verdoyant. Les études de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL montrent que les jeunes peupliers, saules et bouleaux sont nombreux, et ont souvent atteint une taille supérieure à cinq mètres. Il faudra toutefois attendre encore trente à cinquante ans pour que la forêt protège à nouveau la population des dangers naturels.

Übersicht über die Waldbrandfläche
Fig. 1 - Dix ans après, les essences pionnières telles que les peupliers, les bouleaux et les saules sont déjà nombreuses. Cliquer pour agrandir.
Photo: Gilbert Projer (WSL)
 
eine über fünf Meter hohe Zitterpappel
Fig. 2 - Ce tremble (Populus tremula) mesure plus de cinq mètres.
Photo: Reinhard Lässig (WSL)
 
Gräser breiten sich aus
Fig. 3 - Les herbacées se sont multipliées dans les sites secs. A long terme, il est toutefois probable que la forêt s'établira également ici.
Photo: Thomas Wohlgemuth (WSL)
 

La rapidité avec laquelle les plantes et les animaux ont repris possession des surfaces incendiées le 13 août 2003 est étonnante. Aux altitudes inférieures, le magnifique spectacle multicolore des nombreuses plantes des premières années après l’incendie a laissé place à une steppe herbue. «La région a retrouvé un aspect verdoyant», déclare Thomas Wohlgemuth, directeur de recherche au WSL pour la zone incendiée de Loèche, «et en plus avec une diversité bien supérieure à celle de la forêt d’avant». Parmi les premiers arrivants, on observe des arbres pionniers comme les peupliers, les saules et les bouleaux, dont la taille dépasse aujourd’hui les cinq mètres.

Quand retrouvera-t-on une forêt de protection et de détente?

La population de Loèche, mais aussi de nombreux spécialistes se demandaient en 2003: quand reverrons-nous au-dessus de Loèche une forêt comme celle qui existait avant l’incendie, qui protégeait des chutes de pierres et invitait également à la détente? Les études du WSL le montrent: après 10 années, on observe pratiquement partout des arbustes qui sont un peu plus tardifs dans les zones les plus basses, très sèches, qu’en altitude.

Mais cette forêt caduque ne subsistera que temporairement, surtout au-dessus de 1500 m. En bordure des zones incendiées, les forêts de conifères vont remplacer ces arbustes dans quelques décennies. Aujourd’hui, on observe déjà les mélèzes et les pins, presque à hauteur de genou, qui y ont germé spontanément. A plus grande distance de la lisière, il faudra attendre encore 30 à 50 ans pour voir une forêt de résineux en dessous de 1500 m. Et à basse altitude, il semble que le chêne pubescent remplace le pin sylvestre. La cicatrice de l’incendie restera donc encore longtemps visible.

Une grande diversité d’espèces après l’incendie

Les études sur la zone incendiée de Loèche montrent que la diversité des espèces, même 10 ans après cet évènement extrême, est beaucoup plus élevée que dans la forêt mixte de conifères toute proche. Et comme le climat du Valais est plus sec que celui du Tessin, par exemple, la colonisation des zones incendiées y est plus lente. Une végétation intermédiaire riche en espèces peut donc se développer pendant une longue période.

Beat Wermelinger, spécialiste des insectes au WSL, a dénombré neuf fois plus d’espèces menacées d’extinction sur la zone incendiée que dans la forêt toute proche. «En comparaison avec la forêt, ce sont au total deux fois plus d’espèces d’insectes qui ont recolonisé les zones incendiées, et parmi celles-ci de nombreuses espèces pollinisatrices, comme certaines abeilles sauvages, des herbivores comme les sauterelles, et des locataires du bois mort comme le capricorne», indique Beat Wermelinger.

Parmi les plantes rares, on compte surtout l’épinard-fraise (Blitum virgatum) que l’on pensait disparu et dont les graines ont survécu pendant des décennies dans le sol. En ce qui concerne la protection de la nature, un incendie de forêt peut donc avoir des aspects tout à fait positifs pour la région au sens large.

La forêt reste sous surveillance

La recolonisation de la zone incendiée a fait l'objet de recherches intensives qui ont clairement mis en évidence la capacité de régénération de la nature. Sans intervention humaine, la reforestation prendra toutefois un certain temps. Elle sera plus rapide dans les zones relativement humides, c'est-à-dire en amont. La forêt reprendra toutefois aussi ses droits dans les zones plus sèches, en aval, et ce, bien que les changements climatiques risquent d'entraîner des étés de plus en plus chauds et parfois plus secs.

Les chercheurs du WSL envisagent de documenter à nouveau l'état de la zone incendiée dans 5 à 10 ans. Ils pourront comparer ces données avec celles qu'ils ont recueillies en 2013 à Viège, non loin de Loèche, où un incendie de taille comparable avait calciné les pentes boisées en 2011.

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