URL: https://www.waldwissen.net/waldwirtschaft/waldbau/pflege/wsl_eichenhagebuchenwaelder/index_FR
Originalartikel: Oberholzer, E.; Stutz, H.-P.; Zingg, A. (2012): Pflege und Bewirtschaftung von Eichen-Hagebuchen-Wäldern. Angewandte Forschungsergebnisse und Praxiserfahrungen aus dem Niderholz, Gemeinden Marthalen und Rheinau, Kanton Zürich. Birmensdorf, Eidg. Forschungsanstalt WSL. 36 S.
Autor(en): Erich Oberholzer und Hans-Peter Stutz (Abteilung Wald ZH), Andreas Zingg
Online-Version: verändert, Stand: 21.07.2014
Redaktion: WSL, CH

Entretien et exploitation des Chênaies à Charme

Depuis 1999, les scientifiques de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) examinent avec diverses institutions partenaires une grande Chênaie à Charme au nord du canton de Zurich. Comment faut-il gérer cette forêt pour conserver les peuplements de chênes tout en sauvegardant les éléments d’une valeur naturelle particulière?

Das Niderholz aus der Vogelschau
Fig. 1 - Vue du Niderholz à vol d’oiseau, avec la zone alluviale de la Thur au premier plan. Le lit du Rhin s’est déplacé au cours du temps. Le vallonnement qui s’est formé se remarque clairement. Cliquer sur la photo pour l’agrandir.
Source: Google Earth
 

La forêt du Niderholz est située à la limite nord du canton de Zurich, à une dizaine de kilomètres au sud de Schaffhouse. Sa superficie de 900 ha en fait la plus grande Chênaie à Charme de Suisse. Elle englobe une réserve naturelle de 575 ha, soit la deuxième en taille du Plateau suisse. La forêt repose ici sur une épaisse couche de gravier qui rend le sol très perméable. La composition naturelle des essences est principalement constituée de chênes, charmes, pins, tilleuls, merisiers et érables planes. Le hêtre n’est pas concurrentiel sur ce site, car les sols se dessèchent trop rapidement.

La commune de Rheinau, qui possède près de la moitié du Niderholz, a reçu le Prix Binding pour la forêt en 1999. Elle utilise une partie du montant alloué pour financer les premiers projets de recherche orientée vers les besoins de la pratique dans sa forêt. Les résultats lui ont valu des contributions financières allouées par le «Fonds pour les recherches forestières et l’utilisation du bois» en faveur de la recherche sur le chêne et de sa promotion dans le Niderholz. Dans ce site, le but des chercheurs est de préciser comment il est possible de gérer les forêts afin qu’elles puissent produire des bois de valeur et offrir à la flore et à la faune les habitats dont elles dépendent. Le Niderholz abrite de multiples espèces de plantes et d’animaux.

L’expérience de la pratique sylvicole dans la gestion du taillis-sous-futaie

Mittelwaldbewirtschaftung
Fig. 2 - Réintroduction de la gestion du taillis-sous-futaie dans le Niderholz. Cliquer sur la photo pour l’agrandir.
Photo: Hans-Peter Stutz
 

La gestion du taillis-sous-futaie est économiquement moins intéressante que la production de bois de chêne de qualité dans une futaie entretenue régulièrement. Néanmoins, la gestion d’un taillis-sous-futaie a été réintroduite sur 25 ha dans le Niderholz (fig. 2) afin de faire revivre cette forme de gestion, jadis importante et aujourd’hui d’un grand intérêt culturel et historique. Elle sert aussi à promouvoir la végétation et la faune exigeantes en matière de lumière et de chaleur. Le principal facteur de la diversité des espèces en forêt, à savoir l’apport de lumière, est principalement déterminé par l’exploitation du bois. Les taillis-sous-futaie sont nettement plus riches en espèces que les futaies.

Eichen-Naturverjüngung
Fig. 3 - Foisonnante régénération naturelle de chênes.
Photo: Hans-Peter Stutz
 
Kreisforstmeister Erich Oberholzer markiert die Zukunfts-Eichen.
Fig. 4 - En l’absence de soins adéquats, les jeunes chênes de réserve (rubans rouges) sont dépassés par la végétation avoisinante qui deviendra abondante. Erich Oberholzer, ingénieur d’arrondissement forestier de 1991 à 2010, a marqué les chênes d’avenir. Cliquer sur la photo pour l’agrandir.
Photo: Andreas Zingg (WSL)

La jeune réserve est constituée de jeunes arbres et de pousses qui restent dans le taillis après la coupe (tous les 15 à 25 ans) et qui produiront plus tard du gros bois.

Source: www.enzyklo.de/Begriff/Lassreitel (en allemand)

Eclaircie d’anciens taillis-sous-futaie

Dans l’intention de convertir directement les anciens taillis-sous-futaie du Niederholz en futaie, on a diminué le nombre d’interventions sylvicoles depuis 1970. Les forêts se sont alors densifiées et assombries; beaucoup d’arbres eurent trop peu de place pour arriver à maintenir toute leur vitalité. En raison de ce «besoin évident de rattraper le retard» constaté lors du marquage des coupes, et comme la prochaine intervention n’était prévue que 15 ans plus tard, on procéda à de fortes coupes en éliminant 30 à 40 pour cent du matériel sur pied.

Les arbres furent prélevés à des distances régulières sur toute la surface, comme lors d’une éclaircie sélective habituelle. La structure de l’ensemble peuplement en fut affaiblie. Pendant la tempête Lothar, de nombreux peuplements soumis à ce traitement subirent d’importants dommages. En maint endroit, le peuplement restant tomba au-dessous du seuil critique de boisement nécessaire pour atteindre un plein accroissement. Sur la base de ces expériences, les méthodes de traitement furent modifiées. Aujourd’hui, ces peuplements sont éclaircis comme dans une forêt pérenne.

Les méthodes de gestion en forêt pérenne déstabilisent beaucoup moins le peuplement forestier que d’autres méthodes sylvicoles. Mieux encore: plus l’étagement progresse, plus un peuplement devient stable. Les vides créés par l’abattage de petits groupes de deux ou trois vieux arbres arrivés à maturité augmentent la chance de voir apparaître de petits cônes de régénération naturelle. Il n’empêche que dans de telles conditions, les chênes restent très exposés à la dent du gibier, ce qui nécessite souvent la mise en place d’une protection mécanique.

La conversion d’un taillis-sous-futaie en futaie, les deux riches en chêne, est la mesure la mieux acceptée de toutes parts dans le cadre du projet de promotion du chêne réalisé dans le Niderholz, car cette méthode est efficace du point de vue forestier et elle contribue en même temps à conserver l’habitat du pic mar, la principale espèce indicatrice du Niderholz. Dans la pratique, la gestion de la forêt pérenne s’est révélée être la meilleure méthode de conversion. Il n’en reste pas moins certaines incertitudes sur la manière d’appliquer concrètement ce principe pour que les chênaies à charme puissent être intégralement gérées de façon durable.

En résumé

a) Gestion du taillis-sous-futaie

1. Lors de nouvelles coupes dans les taillis-sous-futaie, on laissera un plus grand nombre d’arbres de réserve sur pied que lors des coupes classiques pratiquées dans le passé.

2. Dans le taillis-sous-futaie également, pour empêcher la formation de branches gourmandes, il faut entourer les chênes d’un ou deux charmes formant un manteau autour de leur fût.

3. En procédant aux coupes dans les taillis-sous-futaie, on veillera à laisser sur pied les arbres de réserve les plus vigoureux et de qualité supérieure. Ce sont eux les mieux aptes à obtenir de grandes couronnes – un avantage essentiel tant pour la production de bois de qualité que pour l’habitat qu’ils offrent aux insectes spécifiques du chêne.

4. Les arbres non entretenus qui vieillissent dans le sous-étage perdent une importante part de leur aptitude à former des rejets de souche. Malgré tout, un sous-étage se régénère, mais à l’aide d’une régénération naturelle par semis.

5. Afin de garantir une répartition durable du nombre de baliveaux, il est nécessaire de conserver au moins 60 francs-pieds de chênes à chaque rotation du sous-étage.

6. Un nombre suffisant de jeunes chênes de réserve ne pourra être atteint que si les sous-étages des taillis-sous-futaie sont soumis à un plan de chasse intensif lorsqu’ils se trouvent au stade de recrû et de fourrés.

7. Le sous-étage en train de croître doit être doté à temps d’un système de layons culturaux. Cela procure des niches écologiques aux plantes et aux animaux aimant la chaleur et la lumière. En outre, les francs-pieds de chênes dans cette zone pourront mieux rivaliser avec d’autres essences au cours de leur accroissement en hauteur.

8. Il est indispensable d’intervenir au début de l’âge du fourré en faveur des jeunes chênes de réserve. Durant cette période, les essences sont facilement reconnaissables et aisément accessibles. Les interventions culturales sont réalisables avec un minimum de moyens (par exemple en brisant à la main les exemplaires indésirables).

b) Les éclaircies dans la futaie:

9. Pour des raisons écologiques, il importe de laisser sur pied au moins 30 chênes d’un certain diamètre (DHP d’au moins 40 cm) par hectare.

10. Les éclaircies réalisées selon le principe de gestion de la forêt pérenne atténuent le risque de déracinements par le vent.

Des chênaies – bien plus que des chênes!

Brauner Eichenzipfelfalter (Satyrium ilicis)
Fig. 5 - Le Niderholz offre un abri à de nombreux théclas de l’yeuse (Satyrium ilicis). Les chenilles de ce lépidoptère sont tributaires de jeunes chênes buissonnants.
Photo: ALN, Abteilung Wald ZH

La forêt du Niderholz revêt une importance nationale en raison de l’habitat remarquable qu’elle offre aux plantes et aux animaux ainsi qu’en qualité de témoin d’une forme de gestion forestière (le taillis-sous-futaie) jadis largement répandue. C’est pourquoi la recherche orientée vers les besoins de la pratique dans le Niderholz se penche sur la gestion des forêts productrices de bois de chêne de qualité et sur les soins sylvicoles permettant de créer des conditions optimales aux habitats d’espèces animales et végétales menacées.

Une évaluation de tous les objets potentiels dans le canton de Zurich a été réalisée dans le cadre d’un plan d’action des forêts claires en 1995. Le résultat a suscité un grand intérêt: le Niderholz a remporté de loin le plus grand nombre de points en termes de valeur des espèces; il est ainsi devenu un site de recherche privilégié pour de nombreux autres spécialistes de la gestion des espèces.

Outre le Pic mar Dendrocopos medius, espèce indicatrice de l’avifaune, la Campanule à fleurs en tête Campanula cervicaria, gravement menacée dans toute la Suisse, a été choisie comme espèce indicatrice en botanique. Selon un relevé réalisé en 1995, la plus grande métapopulation de cette plante en Suisse se trouve dans le Niderholz. Il a également été décidé de prendre le Théclas de l’yeuse Satyrium ilicis (fig. 5) comme espèce indicatrice des lépidoptères. D’après un relevé des peuplements établi en 2002 dans le canton de Zurich, la population du Niderholz est la seule encore en état de survivre. Le Niderholz est en outre un «hotspot»pour les xylobiontes (coléoptères se développant dans le bois).

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Contacts

  Hans-Peter Stutz
Abteilung Wald Kanton ZH
Sektion Forstrecht und Dienste
Weinbergstrasse 15
8090 Zürich
Tel. +41 (0)43 259 27 41
hans-peter.stutz @ bd.zh.ch

Felix Cuny
Abteilung Wald Kanton ZH
Forstkreis 5
Riedhofstrasse 62
8408 Winterthur
Tel. +41 (0)52 224 27 25
felix.cuny @ bd.zh.ch

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