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Article(s)

Auteur(s): Beat Forster, Roland Engesser, Franz Meier
Rédaction: WSL, Suisse
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Protection des forêts en Suisse: Point de la situation 2/2011

Prolifération de la tordeuse des aiguilles de l’épicéa

Fichtennestwicklers haben diese Jungfichte kahl gefressen und eingesponnen
Figure 1 - Les petites chenilles de la tordeuse des aiguilles de l’épicéa ont dénudé ce jeune épicéa et l’ont entouré d’une toile.
Photo: Protection de la forêt suisse (WSL)
 

En automne 2011, la tordeuse des aiguilles de l’épicéa (Epinotia tedella) a pullulé au centre de l’espace alpin, entre 1300 et 1800 m. Les dommages causés par les petites chenilles qui évident les aiguilles n’ont été visibles qu’au cours de l’automne.

Jusqu’à présent, les cantons des Grisons, de Glaris, d’Uri et de Berne nous ont annoncé de telles infestations. Elles touchent les arbres de tout âge, souvent des peuplements d’épicéas sur les versants sud. Les couronnes atteintes brunissent. Les petites chenilles évident les aiguilles et tissent des toiles dans lesquelles elles laissent des fragments de déjection; puis en automne, on les remarque lorsqu’elles se glissent au sol, suspendues à de minces fils. Ce petit papillon forme une génération par an. Il se métamorphose dans la litière du sol. Les couronnes de jeunes épicéas ou les parties inférieures du houppier dans des peuplements serrés ont été fortement atteintes, tout comme les épicéas aux longues couronnes en lisière de forêts ou de peuplements.

On ne connaît pas la raison de ce phénomène qui ne s’était plus produit depuis des décennies. Il est possible que la pullulation soit liée au beau temps qui a régné au printemps 2011. Si la perte d’aiguilles reste unique, les épicéas atteints devraient se rétablir l’année prochaine, car les bourgeons ne seront pas touchés. Mais si les forages devaient se répéter l’année prochaine, la situation deviendrait critique.

D’autres espèces de tordeuses du genre Epinotia ont aussi parfois contribué à cet endommagement. Tandis que la tordeuse des aiguilles de l'épicea Epinotia tedella préfère les anciennes aiguilles, la petite tordeuse de l’épicéa Epinotia pygmaeana et la mineuse européenne de l’épicéa E. nanana attaquent surtout la dernière génération d’aiguilles de l’année. En cas de forte atteinte, toutes les aiguilles des jeunes épicéas, notamment, pourraient être touchées si plusieurs espèces de chenilles interviennent simultanément.

Pour en savoir plus:

Le capricorne asiatique attaque des arbres sur pied

Asiatischen Laubholzbockkäfer
Figure 2 - Capricorne asiatique mâle.
 
Eiablagestellen an einem Bergahorn
Figure 3 - Lieux de ponte sur un érable sycomore (flèches, 3 exemples): La femelle commence par creuser dans l’écorce des encoches en forme d’entonnoir.
 
Photos: Protection de la forêt suisse (WSL)
 

Le capricorne asiatique (Anoplophora glabripennis) s’est manifesté à Brünisried, dans le district de la Singine (Canton de Fribourg). C’est la première fois en Suisse qu’il attaque des arbres vivant.

Présence du coléoptère

En août 2011, un particulier a observé dans son jardin un capricorne inconnu. L’insecte (ou différents individus) a été remarqué trois fois en quelques jours. Il s’agissait en l’occurrence du capricorne asiatique (Anoplophora glabripennis) qui provient d’Asie orientale.

Deux autres individus furent découverts, quelques jours plus tard, dans une haie d’érables sycomores et de noisetiers, située à quelques petites douzaines de mètres. Des pontes récentes furent identifiées sur les rejets de souches d’érables sycomores. En outre, des traces de forage de maturation furent constatées sur certains rameaux fins. Le Service phytosanitaire cantonal découvrit dans le voisinage un autre érable sycomore attaqué qui contenait plusieurs douzaines de lieux de pontes fraîches dans la partie supérieure du tronc. Un grand nombre de larves avaient déjà éclos.

Sources possibles

Le capricorne asiatique s’est probablement introduit avec des palettes à usage unique provenant d’Asie orientale. Il est étonnant de constater que la première attaque s’est produite dans une commune rurale telle que Brünisried, située loin des zones à risques, comme les ports d’importation ou les dépôts du commerce de pierres naturelles. On sait que ce capricorne s’est introduit en Europe avec des palettes de bois de feuillus contenant du granit importé de Chine.

La source de l’attaque à des arbres sur pied pourrait tout au plus provenir du fait que quelqu’un aurait amené dans le voisinage du bois de palette asiatique, infesté de larves, pour en faire du bois de feu. Il est aussi possible que du granit étranger ait été livré pour un projet de construction que l’on ignorait. On ne sait pas encore, pour le moment, si l’infestation constatée à Brünisried trahit l’introduction récente de ce capricorne ou s’il s’est déjà multiplié en Suisse.

Importance du capricorne asiatique

Le capricorne asiatique, un insecte nuisible redouté dans les bois de feuillus, figure sur la liste internationale des organismes de quarantaine. Il est soumis à l’obligation d’être déclaré aux services phytosanitaires.

Il colonise de préférence les érables, toutes espèces confondues. Il est aussi attiré par le marronnier, le saule, le peuplier et le bouleau. En principe, chaque essence feuillue est censée être une plante hôte potentielle. Le développement d’une génération dure généralement deux ans. Comme il s’agit d’un ravageur primaire, c’est-à-dire qu’il colonise aussi des arbres sains, il peut occasionner d’importants dommages économiques et écologiques. Les branches et les troncs infestés sont carrément perforés par les larves, ce qui entraîne la mort de l’arbre tôt ou tard. Dans les zones urbaines et les parcs publics, le dépérissement d’arbres est une grande perte, sans compter que le bois mort dans le houppier devient si fragile qu’il compromet la sécurité des gens et du trafic.

L’insecte s’est introduit dans divers continents par la voie du commerce mondial des marchandises. Aux USA et au Canada, des quartiers entiers de villes ont été colonisés. Dans les parcs publics, de superbes allées ont dépouillées de milliers d’arbres qu’il a fallu abattre. En Europe, le capricorne est apparu en Allemagne, Autriche, France, Italie, Belgique et Grande-Bretagne. Dans certains cas, sa présence ne fut constatée qu’une seule fois. Mais dans les pays voisins de la Suisse, des arbres sur pied ont été attaqués. Par chance, une infestation à grande échelle est encore une exception en Europe. Une éradication réalisée à temps s’avère efficace. Certes, les insectes n’ont pas toujours pu être éliminés partout, mais des résultats fructueux ont été annoncés. La situation semble précaire en Italie, car le capricorne asiatique s’accompagne parfois du capricorne asiatique des agrumes (Anoplophora chinensis) tout autant dangereux et qui provient également d'Asie orientale.

Mesures

Le Service phytosanitaire du canton de Fribourg réalise des mesures de surveillance en collaboration avec le Service phytosanitaire fédéral. Des chiens de service d’Autriche, formés spécialement, ont aussi été engagés à cet effet. Dès que l’ampleur de l’infestation sera connue dans la région, les autorités décideront s’il faut poursuivre la surveillance et quelles mesures d’éradication sont adéquates.

Pour en savoir plus:

D’autres insectes envahissants se propagent dans les arbres et les arbustes

Schüttere Edelkastanie
Figure 4 - Châtaignier dégarni: Au lieu de feuilles et de fruits, ce sont des galles qui se sont formées.

Le cynips du châtaignier (Dryocosmus kuriphilus), enregistré une première fois au Tessin en 2009, a nettement élargi sa zone d’infestation. Au Tessin, le cynips s’est répandu à une vingtaine de kilomètres au nord en 2011 et a pénétré jusque dans la région de Biasca et le Val Verzasca. D’ici peu, il va coloniser tout le canton. En plus de la vallée de Bregaglia déjà infestée, il faut s’attendre à ce qu’il apparaisse aussi dans d’autres vallées au sud des Grisons.

Dans le Chablais, le cynips provenant de France a atteint le Valais, le canton de Vaud et il se répand dans la vallée inférieure du Rhône. En 2010, une nouvelle attaque découverte (trop tard) au bord du lac de Zoug n’a pu être enrayée et de nouvelles infestations ont été enregistrées en 2011. De jeunes arbres colonisés ont été découverts récemment dans deux pépinières des cantons de Berne et d’Argovie. Le cynips du châtaignier est également un organisme de quarantaine qu’il est obligatoire de déclarer. Par ailleurs, il est interdit de livrer des plants de châtaignier ou greffons provenant des zones infestées.

Dans le Sottoceneri, une infestation du cynips du châtaignier, régionalement très forte, fut constatée en 2011. D’importantes pertes foliaires s’en suivirent et la production de fruits fut sérieusement limitée. Les châtaigniers contaminés plusieurs années de suite réagissent souvent en formant des pousses de remplacement
certes, mais en raison des galles qui subsistent, le chancre du châtaignier (Cryphonectria parasitica) peut facilement pénétrer à l’intérieur des rameaux, ce qui affaiblit encore les arbres.

Pour en savoir plus:

Amerikanische Kiefernrindenwanze
Figure 5 - On reconnaît la punaise américaine à l’épaisseur de ses pattes postérieures.
Photo: D. Egli

La punaise américaine (Leptoglossus occidentalis) s’est introduite en Italie en 1999. En 2002, elle fut signalée pour la première fois au Tessin, avant d’atteindre le nord des Alpes au milieu des années 2000. Elle est aujourd’hui largement répandue en Europe. La punaise suce les jeunes cônes et graines des résineux. Comme il ne semble pas qu’elle ait endommagé des semences en Europe, elle n’est pas considéré comme un organisme nuisible qu’il est obligatoire de déclarer.

Les conditions météorologiques de cette année ont probablement encore favorisé la multiplication et la propagation de la punaise américaine. De nombreux constats ont été enregistrés en 2011. La riche production de cônes de nos résineux cette année pourrait aussi avoir contribué à ces pullulations. Les punaises, facilement reconnaissables à l’épaisseur de leurs pattes postérieures, s’installent souvent sur et dans les bâtiments pour hiberner; elles peuvent donc être gênantes, mais elles sont inoffensives.

Pour en savoir plus:

Etat du flétrissement du frêne en Suisse

Comme on pouvait le craindre, le flétrissement du frêne, aussi appelé dépérissement des pousses du frêne, s’est répandu au-delà de l’agglomération bâloise. Vers le sud, il est déjà parvenu dans la région lémanique et le Bas-Valais. Vers l’est, il s’est propagé jusque dans la vallée du Rhin sant-galloise. Dans les Grisons, cette maladie cryptogamique, déjà présente dans la région du Rhin antérieur, a été identifiée jusqu’à Trun.

Bien que cette nouvelle maladie occasionne des dommages remarquables, spécialement dans les recrûs et les fourrés, aucun dépérissement de grande étendue n’a été constaté dans les peuplements de frênes plus âgés. Il est toutefois possible que les vieux arbres affaiblis par ce dépérissement qui endommage les pousses soient désormais encore attaqués par d’autres organismes nuisibles, comme l’armillaire. L’évolution du flétrissement du chêne mérite donc d’être suivie de près.

Pour en savoir plus:

Liens externes

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