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Oswald Odermatt

Forschungsanstalt WSL

Institut fédéral de recherches WSL
Protection de la forêt suisse
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Article(s)

Auteur(s): Oswald Odermatt, Valentin Queloz, Franz Meier
Rédaction: WSL, Suisse
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Le kiwi – une espèce envahissante en forêt?

Des érables sycomores étranglés par une liane agressive ont été découverts cette année à Stans (canton de Nidwald) en pleine surface Lothar (Fig. 1). L’étranglement de ces érables au stade du perchis avait provoqué des déformations bien visibles du tronc. L’identification de la liane a révélé qu’il s’agissait d’une espèce de kiwi (Actinidia deliciosa), appelée aussi groseille de Chine. La question s’est alors posée de savoir si cette plante originaire de Chine avait un caractère envahissant et si des mesures pouvaient s’avérer nécessaires pour enrayer sa propagation.

Auf einer Lotharfläche an Bergahornen hochrankende Kiwipflanze
Fig. 1 - Le kiwi grimpant sur des érables sycomores dans le canton de Nidwald, sur une surface Lothar.
Photo: Oswald Odermatt (WSL)

 

Origine

Le kiwi ou groseille de Chine (Actinidia deliciosa) est originaire de Chine. Il a été introduit en 1904 en Nouvelle-Zélande, puis cultivé et commercialisé.

Potentiel envahissant

En Nouvelle-Zélande, le kiwi est considéré comme une plante envahissante. Sur l’île du Nord, dans la région de Bay of Plenty il s’est propagé dans une plantation de Pinus radiata. Une lutte chimique a été menée avec Tordon® Brushkiller (substances actives: Picloram/Triclopyr), Grazon® (Triclopyr) et par le traitement des souches restantes avec Vigilant™ (Picloram). Entre 1998 et 2005, 523'000 $NZ (346'000 CHF) ont été consacrés au contrôle de la liane dans cette région. Au total, 21'000 individus ont été éliminés. En 2004/05, on a dénombré 6000 plantes de moins qu’en 2001/02.

Aux Etats-Unis, la dangerosité du kiwi, après une phase d’alarme dans l’Etat du Massachusetts en 2002, a été revue à la baisse et l’espèce considérée comme «problème limité qu’il faut garder à l’oeil», mais non comme espèce «très répandue/non indigène» voire «envahissante». On avait alors constaté que cette plante ne germe qu’extrêmement rarement à partir de fruits tombés au sol.

Répartition

braunrot-filzig behaarter Trieb mit austreibender Knospe
Fig. 2 - Pousse brun rouge tomenteuse.
Photo: Oswald Odermatt (WSL)
 
Das Mark der Kiwi ist gelblich gekammert
Fig. 3 - Moelle jaunâtre cloisonnée.
Photo: Oswald Odermatt (WSL)
 
Blatt  von Actinidia deliciosa
Fig. 4 - Feuille presque ronde.
Photo: Hubert Schmid (WSL)

Un petit oiseau indigène en Australie et en Nouvelle-Zélande, le Zostérops à dos gris (Zosterops lateralis), joue dans ce dernier pays un rôle central pour la propagation des graines. Des essais ont révélés que le taux de germination des graines qui ont traversé le tube digestif de l’oiseau ou qui ont été désagrégé en laboratoire est de 64 %, alors que les graines ne germent quasiment jamais à partir de fruits entiers ou ouverts.

Identification

  • Liane à croissance rapide
  • Pousses brun rouge tomenteuses (Fig. 2)
  • Moelle jaunâtre cloisonnée (Fig. 3)
  • Feuilles presque rondes, 8-12 cm de long (Fig. 4) – à la différence du célastre orbiculaire ou bourreau des arbres (Celastrus orbiculatus) dont les feuilles sont ovales et mesurent 5-10 cm de long.

Menace pour la forêt suisse?

Le kiwi n’est mentionné ni dans la liste Néophytes Suisse ni dans la liste EPPO. Le Centre national de données et d'informations sur la flore de Suisse propose sur son site www.infoflora.ch diverses pages informatives, notamment des listes, des fiches et des liens utiles. Le kiwi est considéré comme espèce relativement peu problématique et en ce sens comme alternative à des plantes décoratives potentiellement envahissantes (pdf, en allemand)

La présence de kiwis à Stans pourrait relativiser cette estimation. Le fait qu’une graine de kiwi ait pu germer en pleine forêt permet de déduire que des oiseaux indigènes propagent ces graines et qu’il faut donc garder cette plante à l’oeil. Au Tessin aussi, on observe de plus en plus souvent des kiwis en forêt, sur des rives ou en zone urbaine où ils forment parfois des peuplements étendus (communication écrite de Nicola Schönenberger). Le kiwi peut également se reproduire par voie végétative. Le bouturage est largement utilisé en horticulture.

Le kiwi n’est que partiellement résistant au gel et ne survit pas à des températures très basses. C’est pourquoi il ne faut pas s’attendre actuellement à une propagation illimitée. Ceci pourrait cependant changer si le réchauffement du climat se poursuit.

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