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Auteur(s): Jean-Claude Martin, Alice Leblond, Anne sophie Brinquin, et al (INRA UE 348, Avignon)
Rédaction: INRA, France
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Processionnaire du pin : revue des méthodes alternatives au traitement chimique

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Figure 1 - Transport de nichoirs destinés à favoriser les mésanges en tant qu'auxiliaires. Détails voir fiche 6.
 

La processionnaire ne cesse d’étendre son territoire et concerne de nouveaux gestionnaires qui l’ignoraient jusqu’ici. De plus, la demande sociétale s'oriente vers une gestion durable et respectueuse de l'environnement. C'est pourquoi, l’unité «Entomologie et forêt méditerranéenne» de l’Inra d’Avignon propose six fiches qui résument autant de types de méthodes alternatives de lutte contre la processionnaire du pin. 

Les méthodes alternatives de lutte contre la processionnaire du pin, c'est quoi ? Six catégories ont été récapitulées en autant de fiches techniques par l’unité «Entomologie et forêt méditerranéenne» de l’Inra d’avignon en lien avec Plante & Cité et le programme AlterPro (financé par l'ONEMA(1), dans le cadre du plan Ecophyto 2018 avec le pilotage des ministères chargés du Développement durable et de l'Agriculture). 

Le choix des méthodes

Cahier des charges alternatif

Vous aurez l’embarras du choix… Même pas! Vous aurez, aussi, les critères de choix. Le choix de quoi ? Des méthodes de lutte contre la processionnaire du pin recensées dans le cadre du programme AlterPro; toutes, c’était dans le cahier des charges de ce programme, alternatives à l’emploi d’insecticides chimiques(2). Il y en a pour tous les types de lieux, du pin isolé dans un jardin de particulier au grand massif forestier de production de bois. Elles sont plus ou moins directes. Par ailleurs, la plupart nécessitent des interventions durant des périodes précises dans l’année, condition sine qua non de leur efficacité. Le tableau 1 présente une synthèse de ces méthodes.

Méthodes directes
Application du traitement microbiologique au BtK
Figure 2 - Application du traitement microbiologique au BtK « Canon atomiseur » depuis un véhicule terrestre. Convient à de plus grands groupements mais qui doivent être accessibles. Détails voir fiche 2.

Il y a trois méthodes directes destinées à occire les chenilles. Ce sont la lutte dite mécanique, le traitement microbiologique par épandage de BtK (autrement dit d’insecticide microbiologique à base de Bacillus thuringiensis variété kurstakisérotype 3a 3b), et enfin la destruction des chenilles après piégeage par « ecopiège »(3).

Pour sa part le piégeage des papillons est une méthode de lutte directe contre ces adultes s’il est pratiqué en masse. Comme il piège exclusivement des mâles, c’est une lutte indirecte contre les larves : il empêche la fécondation des femelles donc leur ponte et l’éclosion des urticantes chenilles (voir fiche 3).                                      

À noter: 

Quatre fiches annexes sur les pièges disponibles à l’heure actuelle ont également été rédigées. Elles concernent les modèles Procerex (ou ProcessaTrap Expert), Trampa G et Mastrap L et les pièges « type entonnoir».

Méthodes indirectes

Il y a aussi deux méthodes indirectes : la lutte dite « sylvicole », qui consiste à favoriser la biodiversité, et la lutte biologique par conservation. On y découvrira l'effet des feuillus en lisière et l’usage des mésanges dans le tableau 1 et surtout les fiches 4 et 6. Ces deux dernières méthodes ne résoudront pas en quelques jours ou semaines le problème immédiat des allergies de promeneurs, résidents ou touristes mis en présence de processions de nymphose. Aucune des deux ne prétend régler le problème à elle seule mais elles contribueront à réguler les populations de manière élégante et durable.

Attention au temps et au lieu

La question de l’âge

Certaines de ces six techniques sont connues depuis longtemps. C’est le cas de l’épandage de BtK, qui a vu de notables progrès depuis ses premières utilisations dans la première moitié du XXe siècle et ses premières homologations dans la seconde. Ou encore de l’échenillage, technique vieille comme l’agriculture. D’autres le sont moins, comme le principe du piège à phéromones, voire tout récents comme les nouveaux modèles de ces pièges à phéromones ou encore la mise au point de l’Écopiège. Enfin les techniques indirectes se basent sur la biodiversité, très vieille notion mais redécouverte récente.

Périodes d’utilisation

Cela dit, à propos de temps, il faut parler aussi de date d’utilisation. Si l’on ne respecte pas la bonne période d’intervention, spécifique de chaque méthode, on court fatalement à l’échec. Qu’il s’agisse de lutte mécanique, de traitement BtK, de pose de piège à papillons ou à chenilles voire de celle des nichoirs à mésange. Déjà, en 2010, les auteurs de ces fiches avaient abordé la question des saisons de mise en œuvre de différentes techniques, dont cinq sont de nouveau évoquées ici avec les nouvelles connaissances obtenues depuis lors. Pour connaître les périodes propices à chaque méthode, lisez le tableau 1 et… chacune des fiches.

Tout ne convient pas partout

Reste aussi la question des lieux. Avec ces six méthodes, il y en a pour toutes les configurations. Mais aucune ne convient à tous les lieux en terme de surface, de nombre et de taille d’arbres à protéger, sauf, en théorie, la lutte sylvicole. Même le traitement microbiologique, qui s’adapte à des surfaces différentes selon le matériel utilisé (voir fiche 2), ne convient pas partout.


Bonne lecture des fiches !

       
La lutte mécanique Le traitement microbiologique Le piégeage des papillons  
Fiche technique 1
La lutte mécanique
Fiche technique 2
Le traitement microbiologique
Fiche technique 3
Le piégeage des papillons
 
       
La lutte sylvicole Le piégeage des chenilles La lutte biologique par conservation  
Fiche technique 4
Le piégeage des papillons
Fiche technique 5
Le piégeage des chenilles
Fiche technique 6
La lutte biologique par conservation
 
       

Résumé

CONTEXTE : D'une part la chenille processionnaire du pin étend son aire de présence en France et occasionne des problèmes croissants, d'autre part le plan Ecophyto 2018 pousse à la recherche de moyens alternatifs à l'emploi d'insecticides chimiques. 

REALISATION : Dans ce contexte, et dans le cadre d'un pro- gramme nommé AlterPro, l'INRA a réalisé, en lien avec Plante&Cité, six fiches techniques sur ces méthodes alternatives

SUJETS : Ces fiches présentent la lutte mécanique (prélèvement des pontes et nids d'hiver), la lutte microbiologique (à l'aide de BtK, insecticide biologique), le piégeage des adultes (4 types de pièges actuellement), la lutte sylvicole (plantation de feuillus), le piégeage des chenilles (lors de leur procession de nymphose), la lutte biologique par conservation (nichoirs à mésange). 

CONTENU : Pour chaque méthode, la fiche donne le principe avec les périodes d'intervention et les types de surface pour lesquelles la méthode est adaptée, le matériel nécessaire (plusieurs options pour la lutte microbiologique et le piégeage des adultes), la mise en place, les avantages et inconvénients.

(1) Office national de l'eau et des milieux aquatiques.
(2) Il existe des insecticides chimiques phytopharmaceutiques  autorisés contre la  processionnaire. Ils sont à base de diflubenzuron, benzoylurée larvicide.
(3) J.-C. Martin & al., 2012 - Nouvelles techniques de piégeage pour réguler la processionnaire du pin. Phytoma n° 655, juin-juillet 2012, p. 17-22.

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  • jean-claude.martin (at) paca.inra.fr

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