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Thomas Wohlgemuth

Forschungsanstalt WSL

Institut fédéral de recherches WSL
Écologie des perturbations
Zürcherstrasse 111
CH - 8903 Birmensdorf

Tél: +41 44 739 23 17
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Article(s)

Auteur(s): Thomas Wohlgemuth et al.
Rédaction: WSL, Suisse
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Vivre avec les incendies de forêt

Notice pour le praticien

Waldbrandfläche Leuk im Jahr 2006
Fig. 1 - La surface incendiée près de Loèche (VS). Image de l'année 2006, trois ans après le feu. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
 
Grosse Bestände von Wald-Weidenröschen
Fig. 2 - Grandes colonies de l’épilobe à feuilles étroites (Epilobium angustifolium) deux ans après l’incendie de forêt.
Photo: Barbara Moser (WSL)
 
Viergrubiger Grabkäfer (Pterostichus quadrifoveolatus)
Fig. 3 - Le carabidé Pterostichus quadrifoveolatus privilégie les clairières et les endroits incendiés dans les pinèdes chaudes. En Suisse, il figure sur la Liste rouge des espèces animales menacées.
Photo: Beat Wermelinger (WSL)

À l’avenir, les étés en Suisse devraient devenir encore plus chauds et plus secs du fait du changement climatique. Il faut donc s’attendre à un danger accru d’incendies de forêt dans les régions pauvres en précipitations. Dans une nouvelle aide à la prise de décisions, les scientifiques de l’Institut fédéral de recherches WSL, en collaboration avec le Service des forêts et du paysage du Canton du Valais, présentent la synthèse de leurs travaux sur les conséquences de l’incendie de Loèche, en août 2003, sur le sol, l’érosion, les animaux et les plantes. Ils en déduisent des mesures techniques et des mesures d’exploitation en gardant à l’esprit la perspective d’incendies futurs.

Alors que la majorité des incendies de forêt du Tessin a lieu pendant le semestre d’hiver, c’est au contraire en plein été que le Valais se retrouve confronté à ce danger accru. Celui-ci devrait encore augmenter les prochaines décennies si le climat continue d’évoluer conformément à nos prévisions. En effet, l’élévation des températures estivales entraîne une plus grande évaporation d’eau en présence d’une quantité égale, voire inférieure, de précipitations. Dans les sols secs du Valais, l’eau disponible pour les plantes se raréfie encore davantage. Dans de telles conditions, le feu peut se propager plus facilement et causer de plus grands dégâts qu’aujourd’hui.

Mesures ciblées avant et après l’incendie de forêt

Du fait de l’augmentation de la sécheresse estivale, le danger d’incendie forestier dans les vallées alpines sèches s’aggravera. Des incendies plus fréquents devraient modifier fortement le développement de la forêt; ils réduisent en effet les volumes de bois et renforcent le danger d’érosion et de chutes de pierres. Il est possible de contrecarrer ces dangers par des mesures préventives: installation d’étangs d’eau d’extinction, construction de chemins forestiers supplémentaires dans les forêts protectrices menacées, ou application stricte de l’interdiction de faire du feu.

Les régions menacées nécessitent des concepts de lutte contre les incendies de forêt qui comprennent aussi bien des mesures préventives que l’observation des dangers, l’organisation des sapeurs-pompiers et l’amélioration des infrastructures. Dans le sillage d’un incendie de forêt, des mesures techniques et des mesures d’exploitation s’imposent. Elles vont de la sécurisation des pentes à la prévention des phénomènes d’érosion, des glissements de terrain et des chutes de pierres, jusqu’à l’installation d’ouvrages paravalanches et à la réalisation d’afforestations. Dans les zones vulnérables, il conviendrait d’augmenter la proportion d’essences à écorce épaisse qui reverdissent après un feu. Sur la surface incendiée en amont de Loèche, nous avons constaté qu’à des altitudes inférieures à 1100 m, nombre de vieux chênes pubescents produisaient à nouveau des bourgeons et des pousses, et qu’en bordure de la surface sinistrée au-dessus de 1600 m, plus de la moitié des mélèzes avaient formé de nouvelles pousses en l’espace de quatre ans. En revanche, les épicéas roussis le long de la lisière forestière ne s’étaient quasiment pas rétablis.

Grande biodiversité caractérisée par de nombreuses espèces rares

Les études à Loèche ont montré que la nature récupère vite après un incendie de forêt. Du fait de la modification des conditions environnementales, la diversité des espèces chez les plantes, les insectes et les araignées, augmente rapidement et dépasse celle de la forêt avoisinante. Fait marquant chez les arbres: les essences pionnières aux graines légères bien disséminées par le vent, à l’image du peuplier tremble, du bouleau et des saules, colonisent une surface incendiée de 300 hectares nettement plus vite que des essences à grande longévité comme l’épicéa, le pin sylvestre et le mélèze, présentes avant l’incendie, et dont les lourdes graines sont à peine transportées par le vent sur plus de 100 m.

Pour une région, une surface incendiée peut jouer aussi un rôle déterminant dans le cadre de la protection de la nature. À Loèche, nous avons constaté que certaines espèces végétales et animales rares en Valais tels l’épinard-fraise (Blitum virgatum), plante considérée comme disparue, ou encore le criquet italien (Calliptamus italicus) et nombre d’espèces de longicornes, de buprestes et de carabidés, apparaissaient tout à coup en abondance sur la surface incendiée. Certaines de ces espèces sont même pyrophiles, et par conséquent tributaires pour leur développement complet d’un sous-sol brûlé par le feu.

Notice pour le praticien

Les résultats diversifiés de la recherche consécutive à l’incendie de forêt à grande échelle de Loèche, de même que l’importance qu’ils revêtent au niveau national, figurent désormais dans une aide à la prise de décisions. De nombreux auteurs présentent la synthèse des résultats de cette recherche effectuée en Valais et au Tessin dans la "Notice pour le praticien no 46" du WSL.

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