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Auteur(s): Office fédéral de l’environnement OFEV (éd.)
Rédaction: WSL, Suisse
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La gestion intégrée du chevreuil, du chamois, du cerf élaphe et de leur habitat

La résolution des conflits forêt-gibier nécessite une approche intégrée ainsi que la collaboration de tous les intéressés. Une aide à l’exécution de l'Office fédéral de l’environnement (OFEV) fixe les principes d’une gestion durable des forêts et du gibier et propose une procédure en cas de conflits forêt-gibier en Suisse.

Gemse
Fig. 1 - Les pâturages à moutons limitent parfois fortement les quartiers d’été et les aires de gagnage des chamois, qui trouvent alors refuge dans la forêt.
Photo: Ulrich Wasem (WSL)
 

Les forêts sont soumises à de multiples sollicitations. Elles fournissent des matières premières et de l’énergie, servent d’habitat à de nombreux animaux sauvages, offrent à l’être humain un espace de détente et le protègent des dangers naturels. Pour pouvoir assurer durablement leurs fonctions, nos forêts doivent pouvoir se rajeunir continuellement. Le rajeunissement dépend de nombreux facteurs. Le gibier est un facteur parmi d’autres, mais il est parfois décisif.

Des effectifs d’ongulés importants (chevreuils, chamois, cerfs) peuvent entraver le rajeunissement de la forêt. La résolution des conflits forêt-gibier nécessite une approche intégrée ainsi que la collaboration de tous les intéressés. L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) a publié l'Aide à l’exécution Forêt et gibier (PDF) pour développer cette approche globale. L'aide à l'exécution définit la procédure à suivre en cas de conflit forêt-gibier.

La publication y relative, Forêt et gibier – Notions de base pratiques (PDF), fournit les bases nécessaires à la mise en œuvre des consignes de l’aide à l’exécution, en exposant les connaissances scientifiques, en analysant les approches méthodologiques et en donnant des exemples concrets.

Principes d’une gestion durable des forêts et du gibier

  • La forêt, un écosystème multifonctionnel
    Les forêts sont soumises à de multiples sollicitations. Elles fournissent des matières premières et de l’énergie, servent d’habitat à de nombreux animaux sauvages, offrent à l’être humain un espace de détente et le protègent des dangers naturels. Cette dernière fonction a une grande importance dans notre pays montagneux, où les forêts protègent efficacement et avantageusement l’homme et les infrastructures des avalanches, des chutes de pierres, des inondations et des glissements de terrain. Pour pouvoir assurer durablement leurs fonctions, nos forêts doivent pouvoir se rajeunir continuellement.
Verbiss an Weisstanne
Fig. 2 - Le rajeunissement dépend de nombreux facteurs. L’abroutissement est un facteur parmi d’autres, mais il est parfois décisif.
Photo: Thomas Reich (WSL)
 
Freihaltefläche
Fig. 3 - Les clairières sont des surfaces de 0.25 à 0.5 ha, souvent rectangulaires, maintenues dégagées pendant 15 à 20 ans. Elles constituent d’une part des remises durables riches en nourriture pour le gibier, et d’autre part des emplacements où ce dernier peut être chassé.
Photo: Forstamt Kanton St. Gallen
  • Facteurs influençant le rajeunissement de la forêt
    Le rajeunissement dépend de nombreux facteurs: il faut que les semences nécessaires soient présentes et qu’elles disposent de suffisamment de lumière, de chaleur et d’humidité pour pouvoir germer; leurs racines ont également besoin des champignons adéquats et la concurrence avec d’autres plantes ainsi que l’abroutissement par des herbivores ne doivent pas être trop importants. Pour le rajeunissement de la forêt, le gibier est ainsi un facteur parmi d’autres, parfois décisif. Les ongulés influent de différentes manières sur les forêts suivant l’espèce et la situation, notamment par l’abroutissement, l’écorçage et la frayure.
  • Accent sur l’abroutissement
    L’influence la plus fréquente des ongulés demeure l’abroutissement des jeunes arbres. L’écorçage et la frayure peuvent dans certains cas engendrer des dégâts importants, mais ils n’ont qu’une incidence locale peu significative à l’échelle nationale. En outre, contrairement à l’abroutissement, la fréquence de l’écorçage est relativement indépendante de la densité de gibier et donc plus difficile à influencer. C’est pourquoi la présente aide à l’exécution et et les notions de base pratiques correspondantes se limitent à la thématique de l’abroutissement.
  • Coexistence entre forêt et gibier
    La gestion des forêts et du gibier doit rendre possible leur cohabitation. La coexistence entre forêt et gibier est toujours dynamique. Ses conditions et ses enjeux varient selon l’habitat et les fonctions de la forêt. La planification forestière et de la chasse doit optimiser cette coexistence avec des mesures adéquates dans le temps et dans l’espace.
  • Entretien des forêts et régulation du gibier
    Les cantons fixent les conditions générales de l’entretien et de la gestion de la forêt de manière à créer des conditions favorables au rajeunissement naturel (p. ex. suffisamment de lumière) et à assurer aux ongulés un habitat et de la tranquillité en suffisance. Ils planifient la chasse de façon que les populations d’animaux sauvages soient adaptées à la capacité de leur habitat et que leur structure d’âge ainsi que la proportion de mâles et de femelles soient naturelles. Les valeurs cibles de rajeunissement, mesurées selon l’aide à l’exécution "Gestion durable des forêts de protection NaiS" dans les forêts protectrices et selon les buts sylvicoles dans les autres forêts, doivent pouvoir être atteintes sur au moins 75 % de l’aire forestière totale sans recourir à des mesures de prévention des dégâts dus au gibier.
  • Définition des dégâts dus au gibier
    Du point de vue écologique, l’abroutissement n’est a priori pas considéré comme un dégât dû au gibier, mais il le devient lorsque son intensité dépasse la supportabilité du point de vue socio-économique. Cette définition de la supportabilité, et dans ce contexte du seuil stratégique (cf. p.15), dépend principalement de la fonction première de la forêt (p. ex. forêt protectrice) et peut donc varier selon l’endroit.
  • Régulation de base du gibier
    La capacité de charge d’un habitat pour le gibier peut être influencée positivement par une réduction de la demande (régulation des effectifs d’ongulés) d’une part et par l’augmentation de l’offre en pâture (soins aux biotopes) de l’autre. Mais en augmentant l’offre en pâture, on ne réduit l’influence du gibier sur le rajeunissement de la forêt que si les effectifs d’ongulés ne s’accroissent pas en parallèle. C’est pourquoi la régulation de base des populations de gibier constitue le fondement et la condition de mesures d’accompagnement telles que les soins aux biotopes.
Wildbrücke
Fig. 4 - Passage de Rütibuck (ZH) sur la route cantonale et l’autoroute A4: la mise en réseau à grande échelle nécessite surtout des corridors faunistiques suprarégionaux.
Photo: OFEV
 
Kommunikation vor Ort
Fig. 5 - Importance de la communication: les visites communes sur le terrain améliorent la compréhension mutuelle.
PHoto: Dani Rüegg
 
Luchs
Fig. 6 - La régulation par des interventions cynégétiques et l’influence naturelle du lynx peuvent donc utilement se compléter. Le lynx induit des fluctuations de populations plus marquées que la chasse à elle seule. Celles-ci revêtent une grande importance pour les forêts de montagne
Photo: Josef Griffel
  • Causes d’une influence prononcée du gibier sur le rajeunissement
    L’influence prononcée du gibier sur le rajeunissement peut résulter d’effectifs surnuméraires. Cependant, bien souvent, la concentration locale du gibier joue un rôle tout aussi important, p. ex. dans les quartiers d’hivernage. Dans le paysage rural actuel, cette concentration est renforcée par différents développements:
    • morcellement du paysage
    • avènement de nouveaux loisirs (p. ex. randonnées à raquettes)
    • agriculture intensive.

    Ces phénomènes retirent au gibier des surfaces de pâture et de repos, en particulier sur les surfaces ouvertes. Les zones de repli du gibier étant le plus souvent couvertes de forêts, cette concentration renforce sensiblement la problématique forêt-gibier.

  • Approche intégrée
    La nécessaire réduction de la pression due à l’abroutissement ne peut de manière générale s’effectuer uniquement en renforçant la chasse et par des mesures sylvicoles. Il convient donc de renforcer l’approche intégrée des stratégies forêt-gibier et d’y englober:
    • l’agriculture, vu son importance pour l’habitat du gibier
    • le tourisme, les activités de loisirs et l’aménagement du territoire afin de réduire les dérangements de la faune sauvage par les activités humaines.
  • Importance de la communication
    Une bonne communication encourageant la confiance entre les différentes parties joue un rôle clé dans le succès de la gestion des forêts et du gibier. Coopération et partenariat sont indispensables pour trouver des solutions acceptables pour tous. La principale difficulté dans les projets forêt-gibier se manifeste toujours lorsque des oppositions objectives dégénèrent en antagonismes émotionnels et rejets mutuels. Cette situation doit être évitée. Si cela n’est pas possible, il est recommandé de faire intervenir un médiateur externe.
  • Rôle des prédateurs
    Les grands prédateurs tels que le lynx et le loup, qui recolonisent certaines régions de Suisse, peuvent influencer considérablement les effectifs de gibier et donc indirectement le rajeunissement de la forêt. A côté de l’homme, ils constituent le dernier maillon de la chaîne alimentaire dans l’écosystème forestier et contribuent à un équilibre naturel entre la forêt et le gibier. Cependant, les conflits forêt-gibier doivent pouvoir se résoudre avec ou sans l’influence des grands prédateurs. Ceux-ci doivent être pris en compte dans la planification cynégétique mais ne remplacent pas la chasse.

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Contact

  • Nicole Imesch
    Office fédéral de l'environnement (OFEV)
    Division Gestion des espèces
    Section Chasse, faune sauvage et biodiversité en forêt
    CH-3003 Bern
    Tel. +41 (0)31 324 70 18
    e-mail nicole.imesch @ bafu.admin.ch
    www.ofev.ch

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