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Raphael Schwitter

BZW Maienfeld

Centre de sylviculture de montagne
Centre forestier de formation
Bovel
CH-7304 Maienfeld
Tél. +41 (0)81 303 41 22

Article(s)

Auteur(s): Josef Hess, Raphael Schwitter, Lukas Denzler (auteurs externes)
Rédaction: WSL, Suisse
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La moitié des forêts suisses sont des forêts protectrices

Principaux résultats du projet SilvaProtect-CH

Qu'est-ce qui fait qu'une forêt est une forêt protectrice? Cette question était au coeur du projet SilvaProtect-CH, dont l'objectif était de délimiter des forêts protectrices selon des critères harmonisés et objectifs. Une délimitation de qualité comparable pour toute la Suisse est désormais disponible.

Der Bawald von Gluringen, VS
Fig. 1 - Le Bawald de Gluringen, VS.
Photo: Raphael Schwitter

Les forêts protectrices empêchent le déclenchement d’avalanches, stabilisent les pentes, freinent les chutes de pierres et régulent le régime des eaux. Dans de nombreuses régions, ces forêts créent les conditions nous permettant d’habiter, de travailler et de circuler en sécurité. Pour la première fois, grâce au projet SilvaProtect-CH, la délimitation harmonisée des forêts de protection a pu se réaliser à l’échelle du pays. Le résultat impressionne: la moitié des forêts suisses sont des forêts de protection.

Les forêts offrent souvent une protection bien plus avantageuse, plus écologique et plus durable que des ouvrages de défense. Mais ces effets protecteurs ne sont ni automatiques, ni définitifs, car les forêts protectrices demandent des soins. Pour garantir la stabilité de ces forêts, la Confédération investit chaque année 60 millions de francs, auxquels s’ajoutent 90 millions des cantons et des bénéficiaires tels que les communes ou les chemins de fer. Ces investissements nous évitent des milliards de dégâts et sauvent de nombreuses vies humaines.

«Là où la sauvegarde de la fonction protectrice l’exige, les cantons doivent garantir des soins minimums.» Cette prescription de la loi fédérale sur les forêts joue un rôle essentiel pour l’engagement des pouvoirs publics en matière de soins aux forêts protectrices. Les données fournies par le projet SilvaProtect-CH permettent à la Confédération de cibler ces soins et notamment de gérer l’allocation des subsides fédéraux. La mise en oeuvre des soins aux forêts de protection est de la compétence des cantons.

Où se trouvent les forêts de protection? Que protègent-elles?

Die Route über den San Bernardino im Schutz des Waldes
Fig. 2 - La route du San Bernardino protégée par la forêt.
Photo: Raphael Schwitter

Une forêt de protection est une forêt capable de protéger un potentiel de dommages reconnu contre un danger naturel.
Une part non négligeable de la population suisse vit et travaille hors des grands centres, dans les vallées des Alpes et du Jura. En outre, les voies de communication transalpines sont essentielles au tourisme et au trafic de marchandises transalpin. Le dense réseau de transport, d’habitations et d’infrastructures touristiques est exposé aux dangers naturels en maint endroit. Le potentiel de dégâts est très élevé. Nos forêts couvrent quelque 30 % du territoire. Grâce aux modèles de calcul du projet SilvaProtect-CH, il est maintenant possible d’identifier les forêts qui protègent les vies humaines, les marchandises et les infrastructures contre les dangers naturels.

Il existe des forêts protectrices dans chaque canton suisse.
Environ 49 % des forêts répondent aux critères de définition des forêts protectrices – cela représente quelque 585 000 hectares. C’est la première fois qu’une telle vue d’ensemble des forêts protectrices est réalisée à l’échelle du pays. La majorité des forêts de protection se trouvent bien sûr dans les cantons alpins. Mais on en trouve aussi beaucoup dans la chaîne jurassienne – dans le canton du Jura, 30 % des forêts exercent une fonction protectrice. Etonnamment, tous les cantons comptent des forêts de protection – également les cantons de Bâle-Ville et de Genève (fig. 3).

Un quart des voies de communication sont menacées par des dangers naturels.
Sur l’ensemble de la Suisse, environ 25 % des lignes ferroviaires, 25 % des routes (classes 1 et 2) et 15 % des bâtiments sont menacés par des dangers naturels. En chiffres absolus, la protection bénéficie le plus aux routes et aux bâtiments: 76 % des forêts de protection sécurisent des routes et 71 % protègent des bâtiments. Ces effets protecteurs peuvent s’exercer pour différents types d’infrastructures en même temps.

 
Schutzwaldanteile der Kantone
Fig. 3 - Proportion de forêts protectrices dans les cantons. Source: Office fédéral de l’environnement OFEV
 

Comment la forêt protège contre les dangers naturels

Gut verankerte Bäume schützen das Ufer vor Erosion
Fig. 4 - Les arbres bien ancrés protègent les berges contre l'érosion.
Photo: Raphael Schwitter
 
Die Arbeit im Schutzwald ist anspruchsvoll
Fig. 5 - Le travail dans les forêts protectrices est exigeant.
Photo: Raphael Schwitter
 
Erfolgreiche Schutzwaldpflege – vielfältige Struktur
Fig. 6 - Soins aux forêts réussis, forêt bien structurée.
Photo: Raphael Schwitter

Rôle essentiel de la forêt le long des torrents
SilvaProtect-CH donne des informations nouvelles sur la répartition des processus de dangers. Ainsi, 8 % des forêts protectrices protègent contre les chutes de pierres, 21 % contre les avalanches, 27 % contre les glissements et 80 % contre les processus liés aux crues (fig. 4). La forêt protège souvent contre plusieurs dangers en même temps. Il faut souligner la grande étendue occupée par les forêts qui protègent contre les effets des crues. Les fortes précipitations causent de l’érosion et des laves torrentielles. La forêt atténue les effets de ces processus – non seulement en montagne, mais aussi le long d’un grand nombre de cours d’eau de diverses dimensions sur le Plateau.

Priorité de la politique forestière à la protection
Dans le cadre de la gestion intégrale des risques, les forêts jouent un rôle important de défense contre les dangers naturels. Le projet SilvaProtect-CH est un élément essentiel de la politique forestière 2020. Les cantons ont la tâche d’intégrer les forêts protectrices dans leur planification forestière et de garantir les soins minimums exigés par la loi. Ces démarches se feront de façon encore plus ciblée grâce aux nouvelles données disponibles. La mise en oeuvre des soins à la forêt protectrice se déroule dans le cadre de conventions-programmes pluriannuelles entre la Confédération et les cantons.

Les soins aux forêts protectrices sont payants
Les effets protecteurs dépendent fortement de l’état de la forêt. C’est pourquoi les soins aux forêts protectrices sont conçus en fonction de l’état souhaité compte tenu de la station et des processus de danger. La pratique dispose d’un instrument adéquat dans ce sens: les instructions «Gestion durable des forêts de protection (NaiS)». Les soins aux forêts (fig. 5 et 6) coûtent dix fois moins que la construction d’ouvrages techniques pour le même effet protecteur. Les 150 millions de francs annuels consacrés aux mesures sylvicoles par la Confédération, les cantons et les bénéficiaires (p. ex. les communes ou les chemins de fer) sont bien investis. Malgré les arguments convaincants, on constate des retards de soins dans de nombreux cantons.

Qu'est-ce qui fait qu'une forêt est une forêt protectrice?

Dans le projet SilvaProtect-CH, la forêt considérée comme protectrice a été définie de manière détaillée. Ceci était nécessaire parce que cette notion était interprétée dans les cantons différemment, de très générale à très restrictive. Une définition et une utilisation standard du terme «forêt protectrice» sont centrales pour une bonne politique dans ce domaine. Sur proposition de la Conférence des Inspecteurs Cantonaux, la notion de forêt protectrice a été définie de la manière suivante:

LES FORÊTS PROTECTRICES SONT DES FORÊTS QUI PEUVENT PROTÉGER UN ENJEU RECONNU CONTRE UN DANGER NATUREL OU RÉDUIRE LES RISQUES QUE CE DERNIER IMPLIQUE.

Cette description donne une définition globale de la forêt protectrice. Une distinction de différents types de forêts protectrices est néanmoins possible mais celle-ci s’oriente essentiellement sur la reconnaissance de certaines catégories d'enjeux.

Pour qu’une forêt soit reconnue en tant que forêt protectrice, il faut qu’il existe un potentiel de danger (p. ex. une paroi rocheuse instable), un potentiel de dégâts  (p. ex. une zone habitée ou une voie de communication) et une forêt, qui puisse offrir un effet protecteur contre le danger naturel en question.

Source: Losey, S.; Wehrli, A. (2013): Forêt protectrice en Suisse. Du projet SilvaProtect-CH à la forêt protectrice harmonisée.P. 29 et annexes. Office fédéral de l'environnement, Berne. (PDF)

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