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Originalartikel: OFEV (2012): La population suisse et sa forêt. Résultats de l’enquête sur le monitoring socioculturel des forêts (WaMos 2). Flyer. Office fédéral de l’environnement, Berne.
Autor(en): Office fédéral de l’environnement (Editeur)
Online-Version: verändert, Stand: 20.03.2012
Redaktion: WSL, CH

La population suisse et la forêt

Résultats de l’enquête sur le monitoring socioculturel des forêts (WaMos 2)

Les Suissesses et les Suisses se rendent régulièrement en forêt et en sont satisfaits. Ils apprécient les diverses prestations sociales de la forêt. La protection de la forêt et l’interdiction de défricher sont profondément ancrées dans l’opinion. C’est ce que révèlent les résultats d’une enquête représentative visant à déterminer les attentes de la population envers la forêt suisse.

Waldspaziergang
Fig. 1 - La population suisse aime aller en forêt, et elle s'y rend souvent. Elle y retrouve avec plaisir les odeurs et les bruits de la nature.
Photo: Reinhard Lässig (WSL)

L’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) a analysé les réponses de 3000 personnes interrogées dans l’ensemble du pays lors d'un sondage pour déterminer les attentes de la population envers la forêt suisse.  Réalisée sur mandat de l’Office fédéral de l’environnement, cette enquête représentative sur le monitoring socioculturel des forêts étudie les connaissances et l’attitude de la population par rapport à des thèmes touchant à la forêt et au bois. L’enquête de 2010 est la deuxième après celle réalisée en 1997. Ses principaux résultats sont présentés ici.

A) La forêt et moi

Se rendre en forêt
69 % des personnes interrogées ont besoin de 5 à 10 minutes pour rejoindre la forêt la plus proche et 70 % y vont à pied. 18 % s’y rendent en voiture ou en moto – c’est moins que la moitié par rapport à 1997.

Les activités préférées en forêt
Le plus souvent, les gens se rendent en forêt pour se promener et se détendre, faire du sport, par exemple du jogging ou de la randonnée, ou simplement flâner. 5 % disent aller en forêt (aussi) pour travailler.

Les activités préférées en forêt
Fig. 2 - Les activités préférées en forêt. Pourcentages des activités mentionnées lors de l’enquête de 2010.
 
liegendes Totholz
Fig. 3 - Le bois mort en forêt dérange la plupart des personnes interrogées.
Photo: Thomas Reich (WSL)
 
Radfahren
Fig. 4 -  Près d'un tiers des personnes interrogées se sentent au moins partiellement gênées par d'autres utilisateurs de la forêt, notamment par les cyclistes. Ce chiffre est en augmentation depuis le précédent sondage en 1997.
Photo: WSL
 

Attributs naturels
Les odeurs de la forêt et les sons de la nature sont les attributs les plus appréciés. Les forêts mixtes séduisent davantage que les peuplements de purs feuillus ou de purs résineux. Les sources, les ruisseaux, les étangs et les mares sont très estimés par de nombreux visiteurs, alors que le bois mort présent sous forme de branches et d’arbres pourris, pourtant d’une haute valeur écologique, est plutôt ressenti comme dérangeant.

Equipements de loisirs
Les forêts récréatives hébergent souvent des équipements ou des installations pour les loisirs, le sport et les activités pédagogiques. Les sentiers didactiques sont les favoris, suivis des foyers pour grillades et des refuges forestiers et autres abris. Les installations comme les parcs aventure ou les pistes de VTT ne plaisent en revanche qu’à une minorité.

Sensibilité accrue aux dérangements
Près de 23 % des personnes interrogées se sentent au moins quelque peu dérangées dans leur activité de détente par d’autres personnes. Les causes les plus fréquentes sont les cyclistes ou les vététistes, suivis des personnes avec des chiens. Les personnes qui se disent dérangées sont plus nombreuses qu’en 1997.

Abattage des arbres
La moitié des personnes interrogées réagissent positivement à l’abattage d’arbres ou à la fermeture des chemins en raison de coupes de bois. Un peu plus d’un quart se sentent plutôt ou fortement dérangées.

Visite en forêt et détente
88 % des personnes interrogées sont tout à fait ou assez satisfaites de leurs visites en forêt. Deux tiers se sentent "beaucoup plus détendues" après une sortie en forêt et tout juste un tiers déclarent être néanmoins "un peu plus détendues". Une visite en forêt a un effet relaxant sur la grande majorité. Seulement 5 % des personnes interrogées ne constatent aucun effet positif. Les dérangements n’affectent pas directement l’agrément des visites en forêt.

B) Forêt et société

Importance des fonctions forestières
Quand on demande quelles fonctions de la forêt suisse viennent spontanément à l’esprit, les personnes interrogées répondent le plus souvent: sa contribution à la pureté de l’air. En deuxième place viennent "économie", "production" ou "exploitation", suivis par l’importance de la forêt comme habitat pour les animaux et les plantes, la protection contre les dangers naturels et la détente. La fonction économique de la forêt est nettement plus présente dans l’esprit du public qu’en 1997, où elle ne venait qu’au cinquième rang. Interrogées sur huit fonctions forestières explicitement mentionnées, les personnes sondées les jugent toutes très importantes. La fonction d’habitat naturel vient en tête, suivie par la protection contre les dangers naturels et l’amélioration de la qualité de l’air et de l’eau.

Importance des fonctions forestières
Fig. 5 - Importance des fonctions forestières. Moyenne sur une échelle de 1 (absolument pas important) à 4 (très important) lors de l’enquête de 2010. 
 

Santé de la forêt
26 % des personnes interrogées estiment que la santé de la forêt s’est améliorée au cours des vingt dernières années. Une même proportion est d’avis que la santé de la forêt s’est dégradée, alors que la majorité pense qu’elle est restée stable. En 1997, la part des gens qui estimaient que l’état de santé de la forêt s’était dégradé était encore de 65 %. La crainte d’une mort prochaine des forêts qui prédominait par le passé a cédé la place à une évaluation plus optimiste. En réalité, la santé de la forêt reste menacée par les apports d’azote de l’air, l’acidification du sol et l’apparition de nouveaux organismes nuisibles.

Surface forestière

Près des trois quarts des personnes interrogées sont d’avis qu’il y a "juste assez" de forêts en Suisse, un cinquième estiment qu’il n’y en a plutôt pas assez et seulement 5 % trouvent qu’il y en a trop. Par rapport à 1997, plus de personnes considèrent qu’il y a trop de forêts et moins qu’il n’y en a pas assez. Le fait est que l’Inventaire forestier national montre que la surface forestière a augmenté entre 1995 et 2006, passant de 29,6 % à 31 % de la superficie du pays.

Holzernte
Fig. 6 - La majorité de la population juge importante l'exploitation du bois en forêt.
Photo: Friedrich Frutig (WSL)
 
Frauenschuh
Fig. 7 -  La moitié des personnes interrogées estiment que la biodiversité a augmenté en forêt. En 1997, près de 70% étaient de cet avis.
Photo: Thomas Reich (WSL)
 

Exploitation du bois
Deux tiers des personnes interrogées jugent que la quantité de bois exploitée dans les forêts suisses est "juste ce qu’il faut". Les personnes favorables à une exploitation plus intensive sont clairement minoritaires, puisqu’elles ne représentent que 22 %. Leur part a diminué quasiment de moitié depuis 1997, où 45 % des sondés s’étaient prononcés en faveur d’un accroissement de l’exploitation. Les personnes favorables à une réduction de l’exploitation sont également moins nombreuses et représentent encore 10 %. 93 % de l’accroissement net du bois ont été exploités en Suisse entre 1995 et 2006. Les variations régionales sont considérables – notamment en raison de l’ouragan Lothar – et vont de 15 % au Sud des Alpes à 127 % sur le Plateau. 83 % des personnes interrogées sont d’avis que l’exploitation du bois est importante pour l’économie suisse. Une personne sur deux estime toutefois ne pas disposer de suffisamment de connaissances sur l’exploitation du bois.


Diversité des espèces
Plus de la moitié des personnes interrogées pensent que le nombre des espèces animales et végétales a diminué au cours des vingt dernières années, alors que 37 % supposent qu’il est resté inchangé et 10 % qu’il a augmenté. La diversité des espèces est, avec la diversité génétique et celle des milieux naturels, une part de la biodiversité. Cette dernière a évolué de manière très variée dans la forêt au cours des deux dernières décennies. Le bilan positif concernant la régénération naturelle et le bois mort est contrebalancé par l’assombrissement des forêts, qui contribue à évincer les espèces appréciant la lumière.


Réserves forestières sans exploitation du bois
Les réserves forestières, dans lesquelles le bois n’est pas exploité, sont approuvées par 60 % des personnes interrogées. Par rapport à 1997, la part des indécis a augmenté, alors que celle des personnes favorables tout comme celle des personnes opposées aux réserves forestières ont diminué.


Informations sur les thèmes relatifs à la forêt
La détente est le thème sur lequel le plus de personnes sont bien informées (89 %) et, en même temps, celui à propos duquel le moins de personnes ont besoin de plus d’informations. Seulement 40 % des personnes interrogées se sentent en revanche bien informées sur l’état des forêts dans le monde, celles désirant être mieux informées sur ce sujet étant nombreuses. L’écart est aussi nobable entre les personnes bien informées et celles souhaitant plus d’informations sur la santé de la forêt et sur l’eau potable.

C) Argent et règles en forêt

Participation aux coûts
La Confédération, les cantons, les communes, ou, plus généralement, l’Etat, sont le plus fréquemment mentionnés (70 %) lorsqu’on demande qui doit participer au financement des forêts, pour qu’elles puissent remplir leurs fonctions de détente, de protection contre les dangers naturels, de protection de la nature ou de production de bois. En 2010, la Confédération a consacré aux forêts un montant total de 82 millions de francs sur la base de conventions de prestations avec les cantons. Ces derniers ont versé des contributions pour un montant à peu près équivalent.

Attitude vis-à-vis de l’interdiction de défricher
En Suisse, il est interdit de défricher la forêt, sauf rares exceptions. Le défrichement signifie une perte temporaire voire définitive de forêts. Une grande majorité (85 %) se déclare favorable à une protection absolue de l’aire forestière. 12 % sont pour un assouplissement et 4 % pour une suppression de l’interdiction de défricher.

Règles de comportement
L’interdiction de la circulation des véhicules à moteur en forêt, l’interdiction d’allumer des feux hors des foyers et l’obligation de tenir les chiens en laisse suscitent la plus grande adhésion des personnes interrogées. Au plan fédéral, les véhicules à moteur ne sont autorisés à circuler en forêt et sur les routes forestières que pour des activités forestières. Les cantons peuvent édicter d’autres prescriptions et interdictions.

Règles de comportement
Fig. 8 - Règles de comportement. Moyennes des évaluations sur une échelle allant de 1 (absolument inutile) à 4 (absolument utile) lors du sondage 2010. 
 

A qui la forêt suisse appartient-elle ?

Aux termes de la loi, la forêt suisse est librement accessible à chacun. Contrairement à d’autres pays, il n’existe chez nous aucun panneau interdisant l’accès en forêt. Ainsi de nombreuses personnes ignorent que, dans la Suisse, chaque parcelle de forêt appartient à quelqu’un.

73 pour cent de la forêt suisse sont des propriétés publiques: communes politiques 29 %, bourgeoisies 28 %, corporations et coopératives 10 %, cantons 5%, confédération 1 %.

27 pour cent sont des propriétés privées. Il existe en Suisse quelque 250'000 propriétaires de forêts privées. Chacun d’eux possède en moyenne 1,3 hectare de forêt, soit à peu près deux terrains de football.

Source: Rapport forestier 2005, Office fédéral de l'environnement  OFEV

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