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Article(s)

Auteur(s): Philippe Duc, Anne Herold Bonardi, Esther Thürig
Rédaction: WSL, Suisse
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Intensification de l’exploitation dans la forêt suisse

En raison de conditions économiques difficiles, les quantités de bois récoltées étaient jusqu’à récemment nettement inférieures à l’accroissement. L’augmentation de la demande de bois et les exploitations forcées engendrées par l’ouragan Lothar ont conduit entre-temps à une exploitation presque intégrale de l’accroissement en bois. A l’avenir, on peut même s’attendre à une légère intensification de l’exploitation.

Die Nutzungsmengen nahmen seit dem LFI2 stark zu.
Figure 1 - Depuis l’IFN2, les quantités exploitées ont aussi fortement augmenté pour le bois de feuillus.
Photo: Paul Rienth (WSL)

Le bois est une des principales ressources naturelles de Suisse. La conservation et l’amélioration des fonctions productives des forêts sont un objectif national et international de la gestion durable des forêts. Selon les bases de planification existantes et les expertises des forestiers de triage, 56% de la surface forestière suisse montrent une fonction de production de bois. Sur 38%, cette fonction détient la priorité sur toutes les autres.

L’inventaire forestier national suisse (IFN) fournit des estimations précises pour le volume du bois de tige en écorce ainsi que pour l’accroissement, les exploitations et la mortalité entre deux inventaires. La statistique forestière suisse livre au contraire des quantités annuelles de bois fort sans écorce exploité et mis à disposition. Les quantités exploitées de la statistique forestière ne sont donc pas sans autre comparables avec celles de l’IFN.

Les exploitations quasi au niveau de l’accroissement

L’accroissement entre l’IFN2 et l’IFN3 se monte à 9,7 millions de m3/an ou 8,7 m3 par hectare et par an. Il a donc diminué de 5% en comparaison avec la période IFN1/IFN2. Les exploitations et la mortalité atteignent conjointement 9,1 millions de m3/an ou 8,2 m3 par hectare et par an, répartis entre 7,2 millions de m3/an (79%) pour les exploitations et à peine 2 millions de m3/an (21%) pour la mortalité. Les exploitations et la mortalité ont augmenté de 22% en comparaison avec la période IFN1/IFN2.

Le principal indicateur pour une exploitation durable du bois est la comparaison entre les exploitations et l’accroissement. Brändli et Cioldi (2009) ont comparé à cet effet les exploitations et la mortalité avec l’accroissement brut. Dans les statistiques internationales (MCPFE), on ne considère habituellement que les exploitations en les comparant à l’accroissement net (accroissement sans la mortalité). Dans l’ensemble, 93% de l’accroissement net ont été exploités (tableau 1). Sur le Plateau, les exploitations ont dépassé de 27% l’accroissement net et dans le Jura et les Préalpes l’accroissement a été presque entièrement utilisé. Au Sud des Alpes, au contraire, vu les mauvaises conditions de desserte des forêts, seuls 15% de l’accroissement net ont été exploités.

Les taux d’exploitation varient fortement entre les essences. Globalement, on a exploité pour l’épicéa 26% et pour le pin 58% de plus que l’accroissement. Il en résulte pour les résineux une exploitation supérieure de 9% à l’accroissement net. Les fortes exploitations d’épicéas et de pins se sont principalement déroulées sur le Plateau: pour l’épicéa, c’est presque le double et pour le pin, c’est même plus de deux fois et demie l’accroissement qui ont été exploitées. Les volumes de bois d’épicéas et de pins ont par conséquent nettement diminué sur le Plateau (Cioldi et Ulmer 2009). Au contraire des feuillus, où seulement 62% de l’accroissement ont été exploités et bien que l’accroissement des hêtres et des chênes, au Jura et sur le Plateau, a été presque intégralement exploité.

Exploitations forcées en nombre

Entre le deuxième et le troisième IFN, les interventions se sont déroulées sur 511'000 ha en l’espace de dix ans, soit 44% de la surface forestière accessible de l’IFN3. Les différences régionales dans la gestion des forêts sont très importantes.

Dans le Jura et les Préalpes, les exploitations et les soins s’étendaient environ sur la moitié de la surface forestière, alors que sur le Plateau presque trois quarts étaient concernés (figure 2). Dans les Alpes et au Sud des Alpes, la surface traitée était nettement plus modeste. Si l’on considère la surface forestière comparable avec l’IFN2, la proportion de surfaces exploitées durant les dix ans est passée de 43 à 46%. Et la part de surfaces non exploitées depuis cinquante ans a également augmenté, passant de 14 à presque 17%.

Proportion de surface forestière avec intervention au cours des dix dernières années,  
Figure 2 - Proportion de surface forestière avec intervention au cours des dix dernières années, par région économique, avec indication de l’erreur standard simple (± correspond à l’intervalle de confiance de 68%).
 
   

Les années 1996 à 2003 sont caractérisées par une augmentation de la surface forestière traitée d’environ 43'000 ha en 1996 à 79’000 ha en 2003 (figure 3). De nombreuses surfaces traversées par l’ouragan Lothar ont été travaillées en 2000; la surface traitée était donc nettement plus grande (125’000 ha) et 78% concernaient des coupes sanitaires. La proportion d’exploitations forcées s’est maintenue à un très haut niveau (40%) dans les années 2001 à 2003, en raison des dégâts dus aux bostryches et de la sécheresse marquée de 2003. Suite à Lothar, les surfaces d’éclaircies ont diminué de 15’000 à 20’000 ha par an à environ 10’000 ha par an, alors que les surfaces traitées de jeunes forêts sont restées constantes tout au long de cette période. Les surfaces de plantations ont par ailleurs clairement augmenté à partir de 2001.

Surface forestière selon l’année et le type d’intervention  
Figure 3 - Surface forestière (en milliers d’ha) selon l’année et le type d’intervention.  
   

Selon l’enquête menée auprès des gardes forestiers, il est prévu d’intervenir au cours des dix prochaines années sur environ la moitié de la surface forestière suisse. Si toutes les interventions planifiées se réalisaient, la surface forestière traitée attendrait 574’000 ha, soit une augmentation de 10% environ des surfaces d’intervention. L’exploitation des forêts pourrait donc à l’avenir légèrement s’intensifier.

Surface forestière certifiée pour moitié

Die waldbaulichen Eingriffe waren geprägt von Zwangsnutzungen.
Figure 4 - Les interventions sylvicoles dans la forêt suisse sont fortement marquées depuis l’an 2000 par des exploitations forcées.
Photo: Fritz Frutig (WSL)
 
Mobilseilkran
Figure 5 - Les routes forestières sont essentielles pour le câble-grue mobile, qui est utilisé principalement dans les Alpes.
Photo: Fritz Frutig (WSL)

La planification des interventions et des exploitations constitue la base d’une exploitation durable du bois. 56% de la surface forestière disposent de plans de gestion ou de projets de sylviculture. Pour 16% de la surface, ces bases furent élaborées déjà avant 1987. Les bases actuelles de gestion n’existent au moment de l’IFN3 que pour 40% de la surface forestière. La part de surfaces forestières disposant de plans de gestion a diminué de cinq points depuis l’IFN2. Dans les forêts publiques, la part de surfaces avec plan de gestion ou projet de sylviculture (74%) est nettement plus importante que dans les forêts privées (16%). La majorité des forêts privées ne sont pas soumises à l’obligation d’établir un plan de gestion en raison de leur faible surface.

Les forêts certifiées constituent un engagement pour une production de bois supportable aux plans environnemental et social. La Suisse connaît le standard international du «Forest Stewardship Council» (label FSC) et le label national Q (Swiss Quality). Lors de l’enquête pour l’IFN3, environ 46% de la surface forestière étaient certifiés et sur 14% la certification était envisagée ou déjà en cours d’obtention. Les forêts publiques disposent d’une surface forestière certifiée nettement plus grande (56%) que les forêts privées (25%). Une fois les certifications planifiées achevées, 36% de la surface forestière seront doublement certifiés, 22% seulement selon les directives FSC et 2% seulement selon le label Q. Dans les forêts privées, aucune certification n’est prévue sur 60% de la surface forestière.

Au moment de l’enquête, 43% de la surface forestière étaient au bénéfice de plans forestiers régionaux fixant les exigences publiques envers la forêt. Pour 36% supplémentaires, la planification régionale est en cours, de sorte que cette valeur atteindra 80% dans quelques années.

845 km de nouvelles routes Forestières

La desserte est une condition préalable importante pour la gestion de la forêt. La longueur totale des routes forestières accessibles aux camions en Suisse atteint environ 30 500 km. Depuis l’IFN2, 969 km de routes ont été nouvellement construits ou rénovés. Si l’on tient compte des diminutions (abandon ou déconstruction), il résulte une augmentation nette de 845 km ou 2,9%.

La densité moyenne de desserte dans la forêt suisse se monte maintenant à 26,7 m courant/ha. Les différences régionales sont considérables: Plateau et Jura possèdent un réseau de routes forestières à camions nettement plus dense (59,6 m/ha, respectivement 40,5 m/ha) que les régions des Préalpes (17,4 m/ha), des Alpes (12,6 m/ha) et du Sud des Alpes (6,5 m/ha). En comparaison avec la période IFN1-IFN2 (augmentation de 2,5 m/ha), la densité de desserte entre l’IFN2 et l’IFN3 n’a augmenté au niveau suisse que de 0,9 m/ha.

Mécanisation en augmentation

Les surfaces forestières avec des interventions sylvicoles entre l’IFN2 et l’IFN3 se répartissent pour 80% sur des terrains accessibles et 20% sur des terrains inaccessibles. Les principaux procédés utilisés en terrain accessible sont les suivants: bûcheronnage à la tronçonneuse et débardage avec un tracteur forestier (62%) ou un porteur (8%) et abattage et façonnage avec une récolteuse (7%). En terrain inaccessible, le bûcheronnage est pratiqué à la tronçonneuse, le débardage avec un câble-grue mobile (7%), un câble-grue conventionnel (7%) ou un hélicoptère (5%).

Au total, la surface forestière traitée par des procédés pas ou partiellement mécanisés se monte à 84% (les arbres sont abattus et façonnés à la tronçonneuse). Les procédés hautement ou entièrement mécanisés (engagement de processeur ou de récolteuse) ont été mis en oeuvre sur 16% des surfaces et sont en nette augmentation depuis l’IFN2.

Cette contribution fait partie d'une série d'articles présentant les résultats du troisième inventaire forestier national (IFN3). Liste des articles

Si vous vous intéressez à l'Inventaire forestier national, vous trouverez davantage d'informations sur le site de l'IFN: www.lfi.ch

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