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Auteur(s): Alain Douard (EFS)
Rédaction: WSL, Suisse
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Du brin de chanvre aux nœuds mécaniques

Arboriste en position de travail
Fig. 1 - Pour les besoins de la photo, Jonathan Christe s’est installé «en position de travail» dans un tilleul avec les cordes qu’il utilise habituellement (voir encadré ci-dessous).
Photo: Alain Douard / La Forêt
 

Légèreté, résistance, ergonomie et sécurité: le matériel d’arboriste ne cesse d’évoluer. Les équipements sont plus étudiés (casques, par ex.), les processus de fabrication se perfectionnent (cordes), les outils gagnent en efficacité (scies), des dispositifs innovants (appareils autobloquants, fausses fourches, bloqueurs, etc.) qui allègent et sécurisent la tâche de l’arboriste. Bref tour d’horizon.

Le développement des soins aux arbres a fait naître des matériels spécifiques, correspondant aux exigences particulières de cette activité en termes de sécurité, d’ergonomie mais aussi de mobilité. Ces équipements empruntent beaucoup aux domaines voisins des travaux en hauteur, de la spéléologie ou de l’escalade, puis sont adaptés aux besoins des arboristes. Ils sont également bien souvent mis au point par des arboristes expérimentés travaillant en collaboration avec des fabricants. Cet article propose un bref tour d’horizon de ces objets avec, notamment, le concours de Marc Audeoud et de ses collaborateurs du magasin Freeworker Swiss à Romanel-sur-Lausanne.

Protéger la tête

Les casques d’arboriste sont similaires à ceux utilisés pour d’autres travaux en hauteur dans l’industrie ou, selon les modèles, à ceux des bûcherons. Ils doivent toutefois être dotés d’une jugulaire à quatre points de fixation pour un bon maintien en toutes positions. La jugulaire doit se libérer si elle subit une traction de plus de 50 daN, au cas où le casque resterait accroché à un obstacle. Parmi les dernières innovations, l’Autrichien Pfanner propose une version de son casque avec jugulaire. Les arboristes remplacent souvent le protège-face par des lunettes enveloppantes, que certains jugent plus pratiques, quoique la grille traditionnelle offre une meilleure protection lors de travaux à la tronçonneuse.

Cordes d’accès, de travail et d’assurage

En principe, l’arboriste commence son intervention en installant une corde d’accès qu’il va fixer le plus haut possible dans l’arbre, soit en y grimpant soit à l’aide d’une cordelette attachée à un sac à lancer. C’est la corde jaune, à gauche sur la photo ci-dessus. La corde d’accès reste dans l’arbre durant toute la durée de l’intervention. Elle peut servir à plusieurs opérateurs et également en cas de sauvetage. Chaque arboriste s’assure ensuite individuellement en rappel avec sa propre corde de travail (ici en orange) pour évoluer dans la couronne. La corde d’accès est fixée à une branche ou au tronc de l’arbre par une fausse fourche. On appelle ainsi la sangle ou le dispositif d’ancrage qui évite à la corde de frotter l’écorce. Pour stabiliser sa position, l’arboriste va, si nécessaire, utiliser une longe de maintien, la corde verte et rouge que Jonathan Christe, arboriste indépendant, a arrimée à droite sur la photo. Un dispositif supplémentaire avec poulie peut être installé pour le matériel. C’est la corde grise, au centre, qui sert ici à descendre une branche coupée.

Casque d'arboriste
Fig. 2 - Casque spécial pour arboriste, avec jugulaire à quatre points de fixation.
 
Fausse fourche réglable
Fig. 3 - Une fausse fourche réglable, dispositif d’ancrage permettant d’attacher une poulie à une branche pour installer une corde de rappel.
 
Harnais spécial pour arboriste
Fig. 4 - Sur le modèle de harnais spécial pour arboriste, à gauche, un pont d’attache en corde remplace la boucle de fixation que l’on voit sur le harnais d’industrie.
 
Zigzag
Fig. 5 - Le Zigzag, un nouveau «nœud mécanique».
 
Photos: Alain Douard / La Forêt

L’accu gagne de la hauteur

Que ce soit pour des travaux d’élagage ou de démontage d’arbres de petit diamètre, les arboristes disposent de modèles spéciaux de tronçonneuses. Elles sont légères (à peine 3 kilos pour les plus petites), à guide-chaîne court (30 cm environ) et étroit et dotées d’une boucle pour les accrocher à la ceinture de harnais. Malgré l’absence de poignée arrière, les tronçonneuses d’élagage doivent être tenues à deux mains. Pour la taille, quelques arboristes utilisent maintenant des tronçonneuses à accumulateur qui produisent moins de bruit et aucun gaz d’échappement.

Qui dit tronçonneuse dit vêtements et protections anti-coupures. Normes et niveaux de protection sont identiques à ceux des vêtements classiques de bûcheron; sauf que, pour grimper, les vêtements doivent laisser un maximum de mobilité à la personne. Les évolutions dont ont bénéficié les pantalons anti-coupures en termes de souplesse et de légèreté sont particulièrement appréciées des arboristes. En France, le port de manchons anticoupures protégeant les avant-bras est obligatoire pour travailler dans les arbres ou en nacelle avec une tronçonneuse. Ce n’est pas le cas en Suisse.

Harnais et mobilité

Les harnais de positionnement dont s’équipent les arboristes répondent aux mêmes normes de résistance et de construction que ceux employés dans l’industrie ou le bâtiment. Ils s’en différencient par certains aspects de leur conception pour autoriser des mouvements plus libres, sachant que la personne qui grimpe et travaille dans un arbre reste rarement en position statique. Les harnais à sellette sont ainsi peu utilisés en arboriculture, à l’avantage des modèles cuissards. L’attache ventrale est aussi particulière, sous forme d’un pont d’attache en corde ou en sangle qui se substitue à la boucle ou au crochet des harnais d’industrie et facilite les mouvements latéraux de la personne.

Cordes légères et résistantes

Les cordes sont l’élément essentiel de l’équipement d’arboriste. Ce sont elles qui permettent d’accéder et d’évoluer dans les arbres. Fibres de polymères (polyester ou polyamide en majorité) ont complètement remplacé les fibres naturelles dans la fabrication des cordes d’élagueur. De même, les cordes toronnées (constituées de brins enroulés) disparaissent au profit de cordes tressées, dites «drisses» dans le jargon que les arboristes ont emprunté à la marine. Elles sont constituées d’une âme entourée d’une gaine. Le diamètre usuel des cordes de rappel se situe entre 12 et 13 mm, leur permettant d’atteindre la résistance et l’élasticité voulue.

Les fabricants s’efforcent d’améliorer la résistance des cordes. On trouve désormais des drisses dont la gaine et l’âme sont solidarisée pour éviter l’effet d’étirement (effet «chaussette») entre les deux éléments.

Métaux légers à la rescousse

Les boucles, poulies, descendeurs, bloqueurs, connecteurs (mousquetons) et autres accessoires utilisés par les arboristes sont conçus pour ces diamètres. Le Français Petzl a récemment lancé sur le marché le Zigzag, un dispositif métallique de descente qu’il qualifie de «prusik métallique». Décryptage: dans les années 1930, l’alpiniste autrichien Karl Prusik a mis au point un nœud dynamique autobloquant permettant à une corde mobile de coulisser le long d’une corde fixe. Le mouvement de coulisse est plus ou moins libre selon la position du nœud. Le Zigzag vient ainsi s’ajouter à la panoplie des descendeurs déjà disponibles sur le marché. Ces Lockjack et autres dispositifs mécaniques sont assez rapides à mettre en œuvre et constituent une bonne alternative aux nœuds autobloquants pour les amateurs d’appareils normalisés.

Efforts en moins, mouvements plus sûrs

Les grimpeurs disposent d’une panoplie d’accessoires qui ne cesse de s’élargir. Les bloqueurs de pieds, par exemple, permettent de grimper à la corde avec moins de fatigue qu’en footlock (en bloquant la corde par enroulement autour des pieds). Les mousquetons bénéficient du développement de nouveaux alliages qui les ont allégés et rendus plus résistants. Dans l’outillage, les dernières générations de scies égoïnes sont à la fois plus légères et d’une efficacité incomparable par rapport aux anciens outils.

Cette contribution a été réalisée en collaboration avec le périodique La Forêt. La Forêt

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