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Auteur(s): Ferdinand Oberer (EFS)
Rédaction: WSL, Suisse
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Treuils Auxiliares de traction: Roues et câble en toute symbiose

Traktionshilfswinde
Fig. 1 - Sur cette abatteuse Rottne H-20, le treuil auxiliaire est monté à l’arrière du châssis. Ci-dessous, Klaus Herzog, son inventeur qui l’a mis sur le marché en 2004.
 
Ponsse Wisent Alpine-Rückezug
Fig. 2 - Ensemble de débardage "Ponsse Alpine Wisent" dans une forêt près de Schaffhouse. Sans le treuil de Herzog, l’engin ne pourrait pas tra vailler sur cette pente de 60%.
 
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Fig. 3 - Ce cadran indique en temps réel au machiniste la force de traction du treuil auxiliaire. Celle-ci peut aller jusqu’à 10 tonnes.

 
Funksteuerung
Fig. 4 - Cette télécommande permet de sélectionner la force de traction du treuil pour la synchronisation automatique entre roues et câble.
 
Rottne H-20-Vollernter
Fig. 5 - Sur cette abatteuse Rottne H-20, le treuil "Alpine Synchrowinch" est monté à l’arrière du châssis.
 
Ponsse Wisent Alpine
Fig. 6 - Sur le "Ponsse Wisent Alpine", le treuil "Alpine Synchrowinch" est intégré au châssis. Ses performances sont identiques au montage amovible.
 
Unternehmer René Fischer
Fig. 7 - René Fischer, entrepreneur forestier à Oberhallau, près de Schaffhouse. travaille depuis fin août 2011 avec un treuil auxiliaire de traction.


Photos: Ferdinand Oberer

Le treuil auxiliaire assiste la traction par roues des engins forestiers sur les pentes, prévenant ainsi des dégâts au sol. Lors d’une démonstration à Schaffhouse, l’inventeur de ce treuil spécial, Klaus Herzog, en a présenté les avantages, tout en mettant en garde contre ses utilisations erronées.

Le treuil auxiliaire convient spécialement pour la récolte du bois dans les forêts de montagne bien desservies, où l’engagement d’engins forestiers munis de cet équipement est souvent plus économique que d’autres méthodes.

Klaus Herzog en a eu l’idée dès les années 1990, afin de rendre possible une récolte mécanisée sur les fortes pentes tout en ménageant le sol. Puis est venu l’ouragan Lothar, et le constructeur fribourgeois d’engins forestiers de Zumholz a dû privilégier d’autres priorités. Mais ce n’était que partie remise et, en 2004, Herzog Forsttechnik mettait sur le marché le premier treuil auxiliaire de traction. Depuis lors, celui-ci gagne du terrain, lentement mais sûrement. Actuellement, trente de ses treuils sont en service en Allemagne et trois en Suisse.

La fonction du treuil auxiliaire est avant tout, dans la récolte mécanisée sur forte pente, d’empêcher les roues de patiner et de détériorer le sol. Le but de Klaus Herzog était de permettre une récolte mécanisée "douce" même en forêt de montagne: "Dans les années 80, soit les sols forestiers en pente étaient abîmés de manière durable, soit des peuplements restaient inexploités. Mais où se trouvent les grandes réserves de bois? Sur les pentes!"

Un outil sécurisant

Par rapport aux moyens traditionnels comme les chenilles, l’auxiliaire de traction offre encore un autre avantage: la possibilité pour les machines de se mouvoir dans le sens de la montée. Le véhicule de débardage n’a plus besoin, après chaque course aval à travers le peuplement, de faire un long détour par la route forestière pour revenir en haut du layon. Ces détours coûtent du carburant et du temps, polluent, usent les chenilles, dégradent la route et irritent les randonneurs.

Le treuil permet aussi de corriger les fausses manoeuvres sur les pentes. "Sans treuil, la moindre faute de conduite ne laisse souvent pas d’autre issue que de continuer vers l’aval jusqu’à ce qu’on ait pu rétablir la situation. Cela perd du et est souvent dangereux", explique Klaus Herzog.

Le treuil permet aussi d’accroître la stabilité d’un processeur dans les moments critiques. La machine avance de manière plus régulière et consomme moins de diesel, car l’auxi liaire de traction travaille avec un haut degré d’efficacité: "Presque chaque kilogramme-force du treuil sert à tracter l’engin", souligne Klaus Herzog. Dans la traction par les roues, une part beaucoup plus grande de la force est dissipée à cause de leur glissement sur le sol.

Principe et application

Le principe du treuil auxiliaire est simple: grâce au treuil, une partie de la force de traction ne passe plus par les roues, mais par un câble ancré à un arbre. La traction par câble assiste donc celle des roues et elle aide également au freinage dans la descente. La réalisation a été plus difficile, car il a fallu appliquer et développer des technologies complexes afin de coordonner avec précision la vitesse des roues et celle du treuil, de manière que la tension du câble reste constante.

Avec le système développé par Herzog Forsttechnik, le machiniste commence par sélectionner la force de traction du treuil, après quoi l’unité de contrôle électronique gère la synchronisation entre roues et treuil.

S’il y a un changement dans la pente, la nature du sol ou le poids de l’engin (pendant le débardage), le machiniste doit modifier le réglage à l’aide d’une télécommande. On peut aussi choisir un réglage progressif; la force de traction instantanée peut être lue sur un cadran dans la cabine du machiniste. Cette solution est surtout utile sur les talus et lors du débardage, durant lequel le poids total et donc la force tirant vers l’aval vont en augmentant.

La force de traction maximale sélectionnable est de dix tonnes, et Herzog ne voit pas l’utilité d’une valeur supérieure. Au-delà de dix tonnes, il serait de toute façon difficile de trouver des arbres d’ancrage fiables. A la descente, il suffit en général d’une force de 2 tonnes fournie par le treuil, à la montée normalement de 5 à 6 tonnes.

Ce n’est pas un assurage!

Malgré le confort de travail et le gain de sécurité qu’il apporte, Klaus Herzog précise bien que son treuil ne doit être utilisé qu’à titre d’auxiliaire de traction et en aucun cas comme treuil d’assurage. "Le treuil ne sert qu’à aider la machine à gravir les pentes: il ne doit s’utiliser que là où l’engin forestier peut tenir tout seul sans l’aide du câble." C’est du reste une des conditions sous lesquelles il a été testé par le KWF (Kuratorium für Waldarbeit und Forsttechnik). Le treuil de Herzog Forsttechnik est le premier treuil auxiliaire de traction à avoir obtenu l’homologation du KWF.

Ce treuil ne doit pas non plus devenir un prétexte pour s’aventurer avec de grosses machines en terrain très difficile. Il faut au contraire l’engager là où l’on peut tirer le meilleur profit de ses points forts. C’est-àdire en principe dans des pentes de 40% à 70%, desservies par des layons de 150 m à 280 m.

Sans concurrence (ou presque)

Dans ces conditions-là, explique Klaus Herzog, il n’existe guère de systèmes de récolte plus efficaces: en effet, de tels peuplements ne sont pas accessibles aux engins traditionnels, et le débardage avec tracteur forestier et câble y est généralement trop compliqué et trop coûteux, tandis que les layons sont trop courts pour que le montage d’un câble-grue mobile soit rentable.

Un point important pour l’utilisation du treuil auxiliaire de traction, c’est l’aménagement des layons de débardage en dessertes permanentes. "Même si ce treuil aide à minimiser les dégâts au sol et permet de se passer de chenilles, il reste qu’on travaille avec des engins lourds", relève Klaus Herzog.

Expérience en entreprises

Lors de la présentation faite début novembre à Schaffhouse, deux entrepreneurs forestiers ont montré comment le treuil spécial de Herzog permet d’effectuer dans les règles de l’art une récolte mécanisée sur une pente de 30 à 60%.

L’un d’eux était René Fischer, d’Oberhallau, près de Schaffhouse. Spécialisé dans le débardage, il travaille depuis la fin d’août 2011 avec un Ponsse Alpine Wisent de 12 tonnes, équipé d’un treuil auxiliaire de traction et d’autres commodités: "En plus du treuil, Herzog l’a équipé d’une grue inclinable et d’un siège à correcteur d’assiette pour qu’il soit parfait pour les travaux sur pente", explique René Fischer. Le treuil suffit pour rendre l’engin apte à travailler sur les pentes, mais ces extras facilitent la vie de l’entrepreneur.

Comme seuil de rentabilité du nouvel ensemble de débardage, René Fischer compte un temps d’utilisation annuel de 1000 à 1500 heures. Mais durant ce temps-là, il travaille plus efficacement qu’avec des engins sans treuil auxiliaire: "Ce treuil permet de débarder aussi bien en amont qu’en aval, et cela m’épargne des kilomètres de détours, qui coûteraient du temps et du diesel."

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  • Ferdinand Oberer
    Economie forestière Suisse
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    Tél. +41 32 625 88 00
  • E-Mail: oberer @ wvs.ch

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