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Auteur(s): Alain Douard (EFS)
Rédaction: WSL, Suisse
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La Brévine: Chenillard autoconstruit – Le débusqueur des missions extrêmes

Raupentraktor im Einsatz
Fig. 1 - Sept tonnes de poids à vide, deux treuils 10 t, 100 ch sous le capot: dans un format compact mais puissant, le chenillard se faufile là où les engins à roues démissionnent. La base NH du tracteur d’origine demeure bien reconnaissable.
 
Seillauf
Fig. 2 - Depuis sa mise en service, le tracteur n’a subi qu’une transformation: les poulies de sortie ont été déplacées vers le centre pour améliorer la stabilité du tracteur.
 
Windenseile
Fig. 3 - Les cheminements des câbles sont partout accessibles.
 
Einsatz in schwierigem Gelände
Fig. 4 - Le véhicule fait merveille en terrain marneux et pentu, où il ne laisse qu’un minimum d’impact au sol. Son centre de gravité très bas lui confère une grande stabilité, y compris.
 
Photos: Alain Douard
 

Faute de trouver une machine répondant à ses besoins, Philippe Masi, débardeur à Fleurier (NE), en a appelé à Martin Bühler pour construire sur mesure un débusqueur à chenilles. L’engin tourne depuis plusieurs ans, impressionnant d’efficacité.

Prenez un tracteur agricole à chenilles, soustrayez attelages et trois points d’origine, ajoutez 2 t d’acier, 500 kg de treuils, autant d’accessoires divers plus 680 heures de travail et un supplément de nuits blanches: vous obtenez l’engin dont rêvait Philippe Masi.

En 2007, Martin Bühler se prend au jeu et accepte de réaliser le songe de son client, débardeur à Fleurier. Martin Bühler est mécanicien sur machines agricoles et gérant de la succursale Jeanneret Hydro-Mécanique S. à r. l. de La Brévine (NE). Son patron lui laisse carte blanche pour mener l’affaire, du devis à la conception et aux finitions. Martin n’en est pas à son coup d’essai en construction de machines et il a déjà conduit des débardeurs. En deux mots: le tracteur forestier, ça le connaît!

Mise à nu préalable

"Après avoir étudié l’offre disponible sur le marché – pas très large – nous nous sommes décidés pour un New Holland TK100A qui correspondait le mieux à notre cahier des charges", raconte Martin Bühler. Ce chenillard de 93 ch est livré en février 2008 à La Brévine avec son équipement agricole. "Pas possible d’obtenir un véhicule nu: nous avons dû acheter un modèle de série et démonter tout ce qui n’allait pas nous servir", explique le mécanicien.

Intégré dans un berceau

Le véhicule mis à nu, la première étape consiste à le doter d’une prise de force frontale (pdf) directement entraînée par l’axe du vilebrequin. Un "kit" facilite le travail du mécano. Cette pdf entraînera les treuils. Deuxième étape, Martin Bühler construit un berceau qui entoure intégralement le châssis d’origine du véhicule. Cet ensemble est réalisé en acier 25 mm pour résister aux chocs et aux efforts les plus rudes.

La tâche aussi est rude: "Je suis parti d’une plaque que j’ai entièrement découpée au plasma et à la meule avant de souder cette structure." Passant sous l’engin, des entretoises assurent la rigi-dité du cadre. Il en a besoin, puisqu’il supporte aussi bien les treuils, sur l’avant, que les vérins et la bêche à l’arrière. C’est donc lui qui absorbe la majeure partie des contraintes lors de l’utilisation des treuils et en phase de traction.

Adaptation de tous les détails

Martin Bühler puise souvent dans son sac à astuces pour régler nombre de détails. Le réservoir à carburant migre de sa position latérale vers le toit, afin de libérer le passage pour les câbles et l’accès au poste de conduite. Si ce dernier ne subit que des modifications minimes, il est doté d’une cabine version forêt. Les treuils sont montés frontalement, en position relativement haute et en porte à faux par rapport aux chenilles, dans le but d’éviter que cette partie du tracteur ne heurte le sol dans les passages difficiles.

Compact mais stable

Du coup, les câbles peuvent aussi cheminer en position haute, juste au-dessus des chenilles. Le passage est entièrement à l’air libre, guidé par de simples rouleaux. Il n’en résulte guère d’inconvénient pour la statique et la sécurité de l’engin, avec son centre de gravité à quelque 20 cm en dessous du passage supérieur des chenilles. Aussi "bas sur pattes", le débusqueur est utilisable à pleine puissance en toute sécurité, d’autant plus que la bêche est calculée pour se planter à fleur de la chenille arrière. Stabilité garantie malgré la compacité de l’engin.

Nouveau rêve pour Martin

Confortable, l’outil? "Côté conduite, on peut mieux faire, raconte en souriant Philippe Masi. Les chenilles, ce n’est pas terrible, mais on ne passe pas des journées entières rivé au siège. C’est donc d’une importance secondaire". Sinon, rien à signaler d’après Martial Oppliger, débardeur employé de Philippe Masi. "A condition de ne pas avoir la frousse tout en restant prudent, on passe à peu près partout, même en terrain très marneux et pentu comme il y en a dans les envers du Jura où ça ne ressuie jamais."

C’est maintenant à Martin Bühler de rêver d’une suite à cette réalisation. Avec les nouveaux modèles de chenillards à transmission hydrostatique, il songe à un engin qui serait entièrement radiocommandé. Il est prêt à étudier toute proposition de clients potentiels. Avis aux amateurs!

Les données clés

Base d’origine: New Holland TK100A

Moteur: 3,9 l, 4 cyl. turbo, 93 ch 

Hydraulique (d’origine): max. 45 l/min

Poids à vide: env. 7 t (4,9 t d’origine)

Dimensions: env. 400 cm (L) x 175 cm (l) (336 cm x 175 d’origine)

Transmission: mécanique 8 AV/8 AR (d’origine)

Treuils: 2 x 10 t (Adler), câble Ø 13 mm, Capacité max. 100 m,
              Commande radio, Entraînement par pdf avant

Cette contribution a été réalisée en collaboration avec le périodique La Forêt. La Forêt

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    e-mail: Douard @ wvs.ch

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