De nombreuses forêts de pins sylvestres apparurent suite aux dévastations à large échelle du XIXe et du début du XXe siècle. L’industrie minière (Gantertal), les verreries (Saint-Prex) ou les fonderies (Ardon), mais aussi l’industrie ferroviaire, se caractérisèrent par un énorme besoin en bois. De plus, en vue de l’exportation vers le bassin lémanique, de larges surfaces furent déboisées que le pin sylvestre, essence pionnière, réussit ensuite à coloniser.

Une estimation relativement exacte

Dans la partie historique du projet sur les pins sylvestres, les exploitations forestières traditionnelles furent reconstituées dans l’espace et le temps et quantifiées, autant que faire se peut.

Cela a permis une estimation relativement exacte de l’influence des modifications historiques de gestion sur la dynamique des processus forestiers actuels dans les pinèdes valaisannes. Il fut donc procédé à l’examen d’anciens plans de foresterie et de documents écrits de l’administration forestière cantonale extraits des archives publiques valaisannes. D’autre part, des témoins de l’époque ayant eux-mêmes participé à ces exploitations furent interrogés; des informations de première main furent ainsi rassemblées. Les études démontrent qu’en plus de l’exploitation du bois, les pâturages boisés et l’exploitation de la litière jouèrent un rôle particulièrement important dans les pinèdes. Le bois d’affouage – bois mort et cônes – était quant à lui très prisé comme matériau de combustion.

À l’échelle locale, on faisait bouillir des souches de pin pour obtenir de la régénération du pin.

Le chêne pubescent souffrit de l’abroutissement par le bétail bien plus que le pin. L’exploitation de la litière mit le sol brut à nu de façon répétée créant ainsi des conditions idéales d’ensemencement pour une espèce pionnière: le pin sylvestre.

De surcroît, le ratissage enleva non seulement la couche de litière, mais aussi les glands diminuant de ce fait le potentiel de régénération du chêne pubescent. De par l’abandon de ces exploitations dans la deuxième moitié du XXe siècle, les conditions de germination du pin se détériorèrent tandis que les essences de feuillus s’épanouirent de plus en plus, ce qui se reflète dans le changement d’essences observé.

Un bilan

Les exploitations forestières traditionnelles, comme les pâturages boisés et l’exploitation de la litière pratiqués sur des siècles, créèrent des conditions favorables au pin sylvestre (sol brut, piétinement par le bétail). En revanche, les conditions d’ensemencement et de rajeunissement (abroutissement) furent défavorables pour le chêne pubescent.

Ces exploitations furent abandonnées et les conditions de régénération évoluèrent à l’avantage du chêne pubescent, mais au détriment du pin sylvestre.

Repères

  • 1976: Le WSL entame sa recherche sur les pinèdes valaisannes.
  • 1981: Présentation du rapport Waldschäden im Walliser Rhonetal (Dégâtsforestiers dans la vallée du Rhône).
  • 2001: Un nouveau programme de recherches est lancé.
  • 2006: Avec la Notice pour le praticien, publication des résultats de la recherche du WSL.

Notice pour le praticien

La notice est intitulée Les chênes pubescents chassent-ils les pins sylvestres valaisans? Au fil de 16 pages, les auteurs expliquent les différentes causes du dépérissement du pin. Ils proposent aussi des mesures susceptibles de favoriser cette essence. Accompagnée de photographies en couleurs et de graphiques, la publication est gratuite.

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