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Informations sur le document
Auteur(s): Reinhard Lässig
Article original: Lässig, R. (2008): Punaises diaboliques : premières apparitions en Suisse. Communiqué de presse de l'Institut fédéral de recherches WSL du 09.04.2008. http://www.wsl.ch/news/presse
Version en ligne: Statut: 11.04.2008
Rédaction: WSL, CH
Langues disponibles: Imprimer  deutsch français
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Punaises diaboliques : premières apparitions en Suisse

Marmorierte Baumwanze (Halyomorpha halys)
A l’état adulte, la punaise diabolique se reconnaît généralement aux taches jaunes-orangées sur la partie supérieure de sa carapace.
Photo: B. Wermelinger (WSL)

Des scientifiques de l’Institut fédéral de recherches WSL ont relevé au cours de l’été 2007 cinq premiers cas d’apparition de punaises diaboliques (Halyomorpha halys). Cet insecte jusqu’alors inconnu en Europe est originaire d’Extrême-Orient, où il s’attaque surtout aux arbustes d’ornement et aux arbres fruitiers. Il est fort probable qu’il poursuive sa progression au cours des prochaines années.

Les spécialistes des insectes ont repéré la présence de punaises diaboliques à cinq endroits différents à Zurich, Adliswil et Erlenbach, dans l’agglomération zurichoise. Dans un cas, les punaises avaient attaqué un arbuste en si grand nombre qu’elles avaient provoqué sa mort. Les scientifiques ont noté avec intérêt que cinq des huit espèces de plantes infestées sont originaires d’Extrême-Orient, comme l’insecte incriminé. Aucun autre cas n’a été signalé en Europe à ce jour.

La punaise diabolique a déjà occasionné des dommages sévères aux arbres fruitiers et plantes ornementales dans plusieurs pays d’Extrême-Orient. Elle s’attaque surtout aux feuilles et aux fruits des abricotiers, cerisiers, pruniers et pommiers, mais ne dédaigne pas les arbustes tels que les arbres aux papillons (ou buddleias de David),  les buissons ardents (Pyracantha) ou les chèvrefeuilles. En forêt, elle a été observée sur différentes espèces de saules, d’érables, de cèdres et de cyprès, sur lesquels elle ne se nourrit pas seulement sur les feuilles ou les aiguilles mais aussi sur les fruits et les cônes.  

Une progression probablement lente

Par comparaison avec d’autres espèces d’insectes, cette punaise se multiplie plutôt lentement. La femelle dépose en été au maximum 150 oeufs, groupés par paquets de 20, sur la face inférieure des feuilles. Après éclosion, les larves atteignent leur forme adulte avant l’hiver mais ne pondent à leur tour qu’au cours de l’été suivant. Cette particularité laisse espérer une propagation relativement lente à partir des premiers foyers observés dans l’agglomération zurichoise.

En Extrême-Orient et aux Etats-Unis, la punaise diabolique est également souvent présente dans les habitations. En particulier en automne, cet insecte de 12 à 17 mm de long infeste parfois massivement les murs et les fenêtres à la recherche d’un abri pour hiberner.

Les tendances globales favorisent les espèces exotiques

Comme pour de nombreux autres insectes, les conditions de l’introduction de cette punaise dans la région zurichoise sont inconnues. Les scientifiques du WSL supposent cependant qu’elle a été importée sur des plantes ornementales en provenance d’Asie. Plus généralement, l'intensification des échanges commerciaux globaux et la mobilité humaine entraînent actuellement une expansion plus forte et plus incontrôlée de l'aire naturelle de nombreuses espèces d'insectes.

Pour la seule année 2007, cinq nouvelles espèces ont fait leur apparition sur des arbustes ornementaux en Suisse. Leurs chances de survie et celle d’autres espèces d’insectes exotiques seront probablement favorisées par l’augmentation des températures et surtout par la douceur hivernale. La progression en Suisse du nombre d’espèces nouvelles d’insectes confirme nettement cette hypothèse.

     Traduction: Michèle Kaennel Dobbertin (WSL)


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